Jean-Paul Desroches avec la collaboration de Huei-chung Tsao et Xavier Besse
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A

Abeille

Symbole bénéfique par jeux d’homophonies. Son nom (feng) est en effet homophone du verbe signifiant « conférer une dignité, anoblir », mais aussi du mot « abondance ». L’abeille intervient ainsi associée à la lanterne et à l’épi de blé, puis tardivement à des pendeloques, dans un motif composite faisant référence à un souhait pour l’abondance de la récolte agricole : abeille (feng ; abondance), lanterne (deng : l’année) d’où « feng deng » (l’année abondante). Une abeille voletant autour d’un singe juché sur un cheval compose le décor signifiant par rébus « puissiez-vous immédiatement devenir marquis » (ma sheng feng hou) (Voir « Puissiez-vous être promu »).

« Abondance de bonne fortune et de félicité » (ji qing you yu)

Décor à rébus associant un vase you et une hallebarde sur laquelle sont suspendus un poisson (yu) et la pierre sonore qing) pour former ji qing you yu, « abondance de bonne fortune et de félicité ».

Aigle

Symbole de force par homophonie de son nom, ying, avec la première syllabe de l’expression signifiant « héros », l’aigle représente l’image du combattant solitaire, notamment dans le décor dit « héros sans égal », dans lequel il est perché sur un rocher, parfois parmi les flots, ainsi que l’image de la force immuable lorsqu’il est perché sur un pin.

Algues, plantes aquatiques

Motif décoratif souvent associé au poisson, parfois à Xi Wangmu.

Âne

Animal souvent lié à un lettré. L’âne blanc magique était la monture de prédilection de Zhang Guolao, ermite, mage et maître alchimiste qui vivait sur le mont Tiao sous la dynastie Tang (618-906) et devint l’un des Huit Immortels taoïstes. Il se déplaçait en le chevauchant, parfois à rebours, et le repliait comme un simple morceau de papier lorsqu’il n’en avait plus besoin.

Animaux marins

Dans la première moitié du xve siècle, la mer est souvent peuplée d’animaux fantastiques afin d’évoquer la puissance maritime de la Chine, alors première flotte mondiale, comme le montre le motif des « huit monstres marins » (hai ba guai) rassemblant entre autres, sur des flots tourmentés, un cheval marin, un lion, un éléphant, un dragon ailé et un poisson.

Architecture

Les motifs représentant des monuments d’architecture existants ont pour but de renforcer l’image du pouvoir impérial. Ces motifs avaient un grand impact car les porcelaines étaient très largement diffusées.

Armoiries, écussons, monogrammes

Motifs d’inspiration occidentale généralement employés sur les pièces de commande destinées à l’exportation.

Armoise

Plante médicinale (Artemisia sinensis) utilisée notamment dans la moxibustion, procédé consistant à réactiver certaines fonctions en chauffant certains points du corps grâce à des bâtonnets ou des boulettes d’armoise incandescents, obtenus à partir des feuilles et des jeunes tiges hâchées puis séchées.

Aster

Motif généralement utilisé sur les pièces destinées au marché occidental ou proche-oriental.

« Attirer les phénix au son de la flûte » (Chui xiao ying feng)

Ce décor est inspiré d’une légende fort ancienne. Sous le duc Mu des Qin, à l’époque Printemps et Automne (475-221 av. J.-C.), un homme nommé Xiao Shi jouait de la flûte avec tant de talent qu’il attirait les paons et les grues. Or la fille du duc Mu, Nongyu, était elle aussi férue de flûte. Le duc la maria à Xiao Shi, qui lui enseigna l’art de la flûte pendant plusieurs années, jusqu’à ce que le son ressemble au chant du phénix et qu’ils perviennent à les attirer. Le duc leur construit une terrasse appelée « Terrasse de phénix » sur laquelle vécut le couple flûtiste sans plus vouloir descendre. Jusqu’à un jour où, Xiao Shi chevauchant un dragon et Nongyu un phénix, ils montèrent ensemble vers le ciel.

« Au bord de l’eau » (Shui hu zhuan)

Récit épique consigné par par Shi Nai’an (1296-1370) ou Luo Guqnwhongr au xive siècle. Les épisodes relatent les prouesses hautes en couleurs des Cent-huit frères jurés, une bande de hors-la-loi commandés par Song Jiang, à la tête d’une armée de brigands soutenus par la population locale et devenus des héros en luttant contre la corruption à la fin de la dynastie des Song du Nord (960-1127).

B

Baize

Le baize est un animal mythique dont l’aspect général est proche du félidé. Il se caractérise par une tête de dragon, quatre pattes épaisses et griffues ainsi qu’une longue queue. Son corps est couvert d’écailles et entouré de flammes.

Bambou

Symbole de de souplesse et de permanence par la persistance de son feuillage, le bambou matérialise la droiture morale et est associé à la rectitude du lettré. Les nœuds réguliers de sa tige, jie en chinois, sont homophone d’« intégrité ». Associé au pin et au prunus, il est l’un des « trois amis de l’hiver » que l’on retrouve parfois dans le décor des « trois béliers » (voir « Trois amis de l’hiver », « Trois béliers »).

Bananier

Fréquemment représenté aux abords des terrasses ou des pavillons, le bananier a également donné naissance à des motifs strictement décoratifs de par ses feuilles, formant sous leur forme stylisée un registre récurrent appelé jiao ye wen et constamment réinterprété par chaque période.

« Bonheur de chaque heure » (shi shi bao xi)

Déclinaison du thème décoratif « pies et prunes », ce motif est composé de vingt-quatre pies voletant ou perchées sur des branches de prunier chargées de deux prunes, chaque pie représentant une heure de la journée ; ce décor véhicule le message « puissent de bonnes choses arriver à chaque heure de la journée ».

« Bonheur de chaque jour » (ri ri jian xi)

Déclinaison du thème décoratif « pies et prunes » également connue sous le nom yi yue shi xi (« puisse-t-il être trente choses heureuses par mois »), ce motif est composé de trente pies voletant ou perchées sur des branches de prunier chargées de deux prunes, chaque pie représentant une journée du mois.

Boyi et Shuqi

Frères et sages, Boyi et Shuqi vinrent supplier le roi conquérant Wu de la dynastie Zhou (1027-221 av. notre ère) d’arrêter la conquête du royaume des Shang (aux alentours de 1100 av. notre ère). Les deux frères refusèrent de renier le royaume Shang et préférèrent se laisser mourir de faim plutôt que de servir Wu, devenant ainsi un symbole de loyauté.

Budai

« Budai sac de toile » est un moine du bouddhisme Chan devenu légendaire, qui parcourut la Chine et répandit le bonheur autour de lui. Ce personnage à la vie excentrique aurait vécu au xe siècle. Il passait pour une sorte de faiseur de miracles expert en météologie et portait toujours un baluchon sur le dos. On le reconnaît à la ribambelle d’enfants qui l’accompagnent, son ventre proéminent et nu (symbole de la richesse) et l’immense rire qui illumine son visage (symbole de paix avec soi-même). Il est parfois considéré comme la réincarnation du buddha Maitreya.

Buffle, bœuf

Le buffle (ou le bœuf ) symbolise le printemps et les labours. Dans l’antiquité, il était utilisé lors du labourage rituel mené par le roi. C’est un animal très estimé en Chine parce qu’il participe aux travaux des champs ; la consommation de sa viande était proscrite dans la société agricole. Il est fréquemment représenté dans les scènes inspirées du Gengzhi tu, un hymne aux travaux des champs. Deuxième signe du zodiaque chinois, il présente un caractère lent, têtu, carré, travailleur et discipliné.
Lao Zi le choisit comme monture pour son voyage vers les contrées occidentales. On le retrouve également dans l’histoire du Bouvier et de la Tisserande, ou de Xuyou et Chao Fu. Des enfants tirant des cerf-volants sur des buffles constituent un souhait de bon déroulement dans la carrière du fonctionnaire (voir « Cerf-volant »).

C

Caille

Symbole bénéfique par homophonie entre son nom (an chun) et an (« vivre dans la tranquillité »). La caille est très souvent associés aux épis qui symbolisent la croissance et la fertilité, comprenant l’épanouissement de toutes les possibilités de l’être. Associée avec le chrysanthème pour représenter l’automne dans le décor « fleurs et oiseaux des quatre saisons », elle forme le décor à rébus anchun juhua, qui évoque de façon imagée, par un jeu sur l’homophonie de deux syllabes, l’expression « mener une vie paisible et prospère » (anju leye).

Camélia

Le camélia est un symbole du printemps et de son pouvoir régénérant.

Canard

Symbole de félicité, le canard est généralement représenté avec un lotus.

Canard mandarin

Espèce au plumage remarquable et présumée supérieure aux autres, elle est ainsi nommée « mandarin ». Vivant en couple, ces canards symbolisent la fidélité conjugale et représentent à ce titre la relation adéquate entre deux époux dans le décor dit des « cinq relations » (voir « Cinq relations »).

Cannelier

Le cannelier, motif confucianniste, est lié au succès universitaire car il fleurit pendant la période où les étudiants passent leurs examens. Il est donc porteur de vœux de réussite aux examens.

Caractère fu

Caractère auspicieux signifiant « bonheur ».

Caractère lu

Caractère auspicieux signifiant « émoluments » et par extension prospérité.

Caractère shou

Le caractère auspicieux shou (« longévité ») exprime un souhait majeur en Chine. Généralement représenté sous sa forme sigillaire, il constitue un motif récurrent sur les céramiques, souvent associé au taoïsme.

Carpe et dragon

Connu sous le nom de « carpe sautant la porte du dragon » (li yu tiao long men), ce motif représente une carpe et un dragon parmi de hautes vagues. Il fut inspiré par une légende liée aux falaises qui bordent le Fleuve Jaune (Huanghe) au nord-ouest de Hejin, dans la province de Shanxi : rapprochées l’une de l’autre, elles évoquent une porte magistrale et sont de ce fait appelée « Porte du dragon ». Le cours du fleuve est à cet endroit rapide et tumultueux et selon la légende, très difficile à remonter pour les poissons ; ceux qui y arrivaient étaient gratifiés du titre de « dragon » (long). Aussi, la carpe devenant dragon est-elle rapprochée de l’homme de la rue qui parvient par lui-même à gravir les échelons de la société et obtenir un haut poste.
Egalement connu sous le nom de yu hua long ou yu long bian hua tu (« la carpe se transformant en dragon »), ce motif fut particulièrement populaire sous le règne Kangxi (1662-1722) de la dynastie Qing.

Carpe

Ce poisson est symbole de richesse car sa dénomination en chinois est homophone de profit, d’abondance. Du fait de sa ténacité à remonter les courants d’eau les plus forts, elle peut aussi évoquer les étudiants luttant pour préparer un examen et à ce titre constitue un vœu de réussite.

Carré mandarin (buzi)

Ces carrés d’étoffe brodée figurait sur le vêtement des officiels de la cour - membres de la famille impériale, fonctionnaires civils et militaires ; en usage sont les Ming, ils ont été repris par les Qing. Les fonctionnaires civiles et militaires étaient organisés selon une hiérarchie dont chaque rang était symbolisé par un oiseau, pour les fonctionnaires civils, et par un animal pour les fonctionnaires militaires.
Ainsi les rangs des fonctionnaires civils étaient représentés par : la grue (1er rang), le faisan doré (2e rang), le paon (3e rang), l’oie (4e rang), le faisan argenté (5e rang), l’aigrette (6e rang), le canard mandarin (7e rang), la caille (8e rang), le tchitrec ou monarque de paradis (9e rang). Les musiciens de la cour portaient l’oriole.
Les rangs des fonctionnaires militaires étaient représentés par : le qilin (1er rang), le lion (2e rang), le léopard (3e rang), le tigre (4e rang), l’ours (5e rang), le chat tigré (6e rang), le rhinocéros (7e et 8e rang) et l’hippocampe (9e rang).

Cerf, biche

Fort de sa réputation de longévité, le cerf est souvent représenté avec le dieu Shouxing (Shoulao). C’est également le seul animal à pouvoir trouver le champignon lingzhi. Il personnalise aussi la douceur, les honneurs, de larges émoluments et l’avancement officiel, volontiers employé à ce titre dans des décors associé aux fonctionnaires (voir « Daim »).

Chao Fu et Xu You

L’empereur Yao (c.2357-2256 av. notre ère) était venu demander à Xu You de renier l’ancien empereur pour le servir. Xu You lui opposa un refus complet et alla se laver les oreilles dans la rivière, pour les purifier de ce qu’elles avaient entendu. Ceci, au grand dam de son ami Chao Fu qui reprocha à Xu You de salir la rivière où se désaltéraient ses buffles et les conduisit ailleurs.

Chat

Animal protecteur face aux lutins, il est aussi le défenseur des vers à soie car il mange les rats qui les menacent. Nyctalope, il possède en outre le pouvoir de mettre en fuite les mauvais esprits. D’après les légendes, le chat a neuf vies. Homophone de mao, octogénaire ou nonagénaire,le chat en est le symbole. Il peut être associé avec le papillon (die, homophone de die, octogénaire ou septagénaire) et la pivoine pour former un souhait de longévité et d’honneurs pour les personnes âgées.

Chauve-souris

Homophone du mot bonheur (fu), elle en est l’une des allégories ainsi qu’un symbole important de la mythologie chinoise. Elle passe pour se nourrir de stalactites et vivre plus de mille ans, conférant ainsi la longévité à l’homme qui la mangera.

Chauve-souris rouge

Le rouge, hong, est homophone de hong grand. La chauve-souris (fu) étant homophone de bonheur, la chauve-souris rouge (hong fu) est donc homophone en chinois de grand bonheur. Représenté parmi les nuages, ce motif signifie « les bonheurs s’amoncèlent jusqu’au ciel » (hong fu qi tian).

Cinq chauves-souris (wu fu)

La chauve-souris (fu) étant homophone « bonheur », ce décor à rébus évoque les cinq bénédictions ou cinq bonheurs cités dans le Shujing (« Classique des documents ») : la longévité, la prospérité, la santé, l’amour de la vertu (rectitude morale) et la mort bienheureuse.

Cheval

Le septième signe du zodiaque chinois. Souvent représenté de façon figurative comme monture sur certaines scènes de roman ou de bataille, il intervient également dans certains décors à rébus. Ainsi, un cheval sur lequel est juché un singe survolé d’une abeille compose le décor signifiant par rébus « puissiez-vous immédiatement devenir marquis » (ma sheng feng hou) (Voir « Puissiez-vous être promu »), ma shang signifiant à la fois « à cheval » et « immédiatement ».

Cheval marin

Animal fantastique souvent associé dans la première moitié du xve siècle à d’autres animaux marins afin d’évoquer la puissance maritime de la Chine, alors première flotte mondiale ; on le retrouve notamment dans le motif des « huit monstres marins ». Il peut aussi appraître dans des décors inspirés de la mythologie occidentale sur des pièces destinées à l’exportation.

Chèvre

Huitième signe du zodiaque chinois.

Chien

Le onzième signe du zodiaque chinois.

Chrysanthème

Fleurissant en automne, le chrysanthème symbolise persévérance et vertu. Il est fréquemment considéré comme l’un des symboles du lettré. Son association (anchun juhua) avec la caille (anchun) dans le thème décoratif « fleurs et oiseaux » transcrit de façon imagée l’expression « mener une vie paisible et prospère » (anju leye) et correspond à l’automne dans les « fleurs et oiseaux des quatre saisons ».

Cigogne

Symbole associé à la longévité, la cigogne sert de messagère aux génies.

Cinq poisons (wudu)

Ce décor associe cinq animaux venimeux : le crapaud, le scorpion, le scolopendre, le serpent et le gecko. L’élixir composé de leur venin étaitappelé wudu (« cinq poisons »). Lors de la fête du Dragon, on avait coutume de faire porter aux enfants des vêtements ornés de ce motif ou de le suspendre aux murs des maisons afin d’éloigner les influences pernicieuses.

Cinq poissons (wu yu)

Ce décor associant cinq poissons évoque les cinq désirs : richesse, renom, sensualité, bonne chère et sommeil.

Cinq relations humaines (wu lun tu)

Ce décor illustrant les « cinq principales relations humaines », également appelé « relations ordonnées » (lu xu tu), est composé de cinq paires d’oiseaux symbolisant chacune une relation adéquate : les phénix symbolisent la relation unissant un monarque et ses sujets ; les grues, un père et son fils ; les canards mandarins, deux époux ; les bergeronnettes (hoche-queue), des frères ; enfin les loriots, des amis.

Cinq sages

(Taoïsme) - Selon la légende, les cinq sages seraient descendus du ciel avec deux phénix pour annoncer la naissance de Confucius ; ils sont souvent représentés en train de disserter sur une peinture figurant le digramme du Taiji (fondement originel de l’univers).

Citron digité (main du Buddha)

Le Citrus medica ou citron digité possède une forte odeur. Il constitue généralement une offrande présentée dans des bols en porcelaine devant l’autel du dieu domestique à l’occasion des sacrifices rituels ou des festivités du Nouvel an. Par sa forme rappelant les mains du Buddha, le fruit revêt une connotation bouddhique. Il est également un symbole de richesse car il peut s’apparenter à une main cupide.

Cloche

Le son des cloches sacrées était censé effrayer les esprits mauvais. La cloche est associée à l’idée de respect et de vénération.
On trouve dans la Chine ancienne de nombreuses légendes de cloches pouvant se déplacer dans les airs. La cloche peut aussi être associée à une ascension dans la hiérarchie des fonctionnaires.

Coq

Le coq incarne en Chine un oiseau de bon augure. Son nom (ji) est homophone de « faste » et il symbolise les cinq vertus : la vertu civile (wen) par sa crête qui évoque la coiffe mandarinale, la vertu militaire (wu) par ses ergots, la bravoure (yong) par son ardeur combattive, l’humanité (ren) car il partage avec ses congénères et les appelle lorsqu’il trouve de la nourriture et enfin la constance (xin) par son chant matinal. C’est aussi le dixième signe du zodiaque chinois.

Corail

Emblème de longévité et d’avancement officiel, il fait partie des « trésors variés » et des « huit emblèmes de la richesse ».

Corbeille de fleurs

(Taoïsme) - La corbeille de fleurs est l’attibut de l’immortel Lan Caihe et le représente à ce titre dans le décor des « huit emblèmes taoïstes » ou « huit immortels cachés » (an ba xian). C’est aussi l’un des attribut de Magu, Immortelle de l’entourage de Xi Wangmu.

Corne de rhinocéros

Une paire de cornes de rhinocéros symbolise le bonheur. Constituant l’un des « Huit objets précieux », elles étaient utilisées lors des festins, car elles avaient la faculté de détecter les poisons.

Couleurs

Les couleurs sont symbole de rang social, de vertus ou de vices, de joies ou de peines.

Courges

Les courges, cucurbitacées, calebasses et gourdes sont toujours associées aux thèmes de l’abondance et de la descendance. Elles interviennent à ce titre dans de nombreux décor symboliques ou à rébus. Particulièrement représentée, la « gourde double » (lagenaria siceraria) possède une iconographie spécifique (voir « gourde double »).

Courges et papillons

Décor à rébus associant les courges ou les melons gua au papillon die (homophone de petite courge) pour former le vœu gua die mian mian signifiant « continuité d’une descendance nombreuse ».

Crabe

Symbole bénéfique par homophonie entre le mot désignant la carapace des crustacés et le caractère jia, signifiant « premier lauréat, champion ». Deux crabes, ou un crabe associé avec une crevette parmi les roseaux, transcrivent l’expression « Er jia chuan lu » (Ayant deux premiers lauréats du concours impérial dans la famille).

Crapaud à trois pattes

(Taoïsme) - Animal fantastique symbole de richesse et lié à Liu Hai. Une légende ancienne le liait également à la Lune : lorsqu’une éclipse se produisait, on disait qu’il avait avalé la Lune.

Crevette

Symbole bénéfique par homophonie entre le mot désignant la carapace des crustacés et le caractère jia, signifiant « premier lauréat, champion ». Une crevette associée à un crabe parmi les roseaux transcrit l’expression « Er jia chuan lu » (Ayant deux premiers lauréats du concours impérial dans la famille).

« Cent oiseaux autour du phénix » (bia niao chao feng)

Ce décor représente de nombreux oiseaux rassemblés autour d’un phénix tenant audience sous un parasol chinois (firmiana simplex) tel un roi bienveillant entourés de ses fidèles sujets.
Ce thème décoratif est apparu sur les porcelaines de la période Kangxi (1662-1722), dynastie Qing.

D

Daim (lu)

Emblème de la longévité et de la grâce, il est homophone d’émolument (lu) et symbolise la prospérité ainsi que le vœu d’honneurs et d’avancement officiel. Dans l’iconographie taoïste, il accompagne l’étoile des émoluments Lu Xing. On le retrouve dans le décor « cent daims ».

« Cent daims » ou « mille daims » (bai lu)

Ce décor représentant de nombreux daims dans diverses positions, parmi les arbres et les rochers, joue sur l’homophonie de daim, lu, avec « émoluments » ; il évoque donc par jeu de mot de « centuples émoluments » pour les fonctionnaires.
Ce décor fut employé sous les dynasties Ming et Qing, notamment durant la période Qianlong (1736-1795).

Damo

Appelé aussi Bodhidarma, Damo est un moine d’origine étrangère fondateur de la secte Chan (Zen). Il est souvent représenté méditant face à un mur, ou traversant les flots debout sur une branche de roseau et tenant une longue canne.

Dix-huit académiciens

Membres de l’Académie des belles lettres fondée sous la dynastie des Tang par l’empereur Taizong (r. 626-649). Constituant l’un des thèmes favoris des lettrés, ils symbolisent l’érudition et l’honneur ultime pour un lettré fonctionnaire.

Dongfang Suo

Un fonctionnaire sous l’empereur Wu des Han, connu pour ses sarcasmes et fidèle adepte du taoïsme. Devenu un personnage légendaire du taoïsme, il vola dans sa jeunesse les pêches qui poussaient dans le palais de Xi Wangmu, la Reine de l’Occident et devint ainsi Immortel.

Douze animaux du zodiaque chinois

Ce sont le rat, le buffle, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre (ou le mouton), le singe, le coq, le chien et le cochon.

Douze symboles anciens (les) ou « Douze ornements »

Ces ornements étaient à l’origine brodés sur les vêtements officiels des empereurs et sont consitutés des sept choses précieuses et des cinq préceptes. Ils symbolisent l’autorité et le pouvoir. Sauf pour l’empereur qui avait le privilège de porter tous ces ornements, chaque motif correspondait à un grade de fonctionnaire. Rarement employés dans la céramique, ces motifs sont : le soleil, la lune, les constellations, la montagne, le dragon, le faisan, une paire de vases rituels, le feu, les céréales en grains (riz ou millet), la hache (insigne de bonne chance) et le diagramme fu, symbole de distinction.

Dragon

Animal bénéfique, icône du bien et signe de bon augure en Chine, le dragon peut traverser le ciel et faire venir sur terre la pluie fertilisante ; il est donc souvent associé aux nuages ou au cours d’eau (voir « dragon parmi les nuées », « dragon parmi les flots »). C’est l’un des quatre animaux célestes, surnaturels ou bénéfiques de la Chine ancienne, avec le phénix, le qilin et la tortue. Il est associé à l’Est, au bois, au printemps et au vert dans les cinq éléments chinois. C’est aussi le cinquième signe du zodiaque chinois.
Il présente neuf signes distinctifs : des cornes du cerf, des oreilles de bœuf, une tête du chameau, des yeux de diable, un col de serpent, des viscères de tortue, des serres de vautour, des pieds de tigre. Il existe selon certaines sources quatre formes de dragons : les dragons célestes long, les dragons de mer li, les dragons mang (qui ressemblent à un serpent) et les dragons des montagnes qiao.
Il peut incarner la voie (dao) ou constituer l’emblème par excellence de l’empereur car il est le symbole antique du pouvoir de création ; associé à d’autres motifs, il peut d’ailleurs représenter le vœu de fidélité à l’empereur ou à la dynastie. Le dragon est de bon augure dans toutes les couches de la société. Les dragons verts (couleur de l’est) sur un fond blanc (couleur de l’ouest) vont souvent par paire : ils évoquent alors le yin et le yang et leur mouvement cyclique symbolise le renouvellement constant du cosmos.
Le dragon était le totem d’une très ancienne tribu, à laquelle remonte son association avec le pouvoir de l’empereur. La dynastie Song (960-1279) constitue un repère dans le développement de l’iconographie du dragon : son corps, avant représenté comme celui d’une bête avec une queue distincte, devint serpetin et cette évolution se poursuivit sous les dynasties Yuan, Ming et Qing. Extrêmement riche et diversifiée, l’iconographie du dragon présente des caractéristiques différentes sous chaque dynastie et s’est déclinée en de multiples variantes et motifs.

Dragon à trois griffes

Au xiiie siècle se met en place une étiquette très stricte : le dragon fut choisi pour représenter l’état et fut étendu à la totalité du mobilier impérial et à la garde-robe. Sous les Ming et les Qing, les dragons à trois griffes sont dévolus aux nobles et aux lettrés (les dragons à cinq griffes étant réservés à l’empereur et ceux à quatre griffes, aux princes). Cette règle était établie principalement pour les robes et le mobilier, néanmoins il n’est pas formellement établi qu’elle fut valable pour les céramiques.

Dragon à quatre griffes

Au xiiie siècle se met en place une étiquette très stricte : le dragon fut choisi pour représenter l’état et fut étendu à la totalité du mobilier impérial et à la garde-robe. Sous les Ming et les Qing, les dragons à quatre griffes sont dévolus aux princes (les dragons à cinq griffes étant réservés à l’empereur et ceux à trois griffes, aux nobles et aux lettrés). Cette règle était établie principalement pour les robes et le mobilier, néanmoins il n’est pas formellement établi qu’elle fut valable pour les céramiques.

Dragon archaïque chi (chi long)

Dragon sans cornes souvent employé dans l’ornementation, notamment dans les décor de style archaïsant.

Dragon à cinq griffes

Au xiiie siècle se met en place une étiquette très stricte : le dragon fut choisi pour représenter l’état et fut étendu à la totalité du mobilier impérial et à la garde-robe. Sous les Ming et les Qing, les dragons à cinq griffes sont réservés à l’empereur, les dragons à quatre griffes sont dévolus aux princes et ceux à trois griffes, aux nobles et aux lettrés. Cette règle était établie principalement pour les robes et le mobilier, néanmoins il n’est pas formellement établi qu’elle fut valable pour les céramiques.

Dragon archaïque kui (kui long)

Dragon dont le corps est traité de façon stylisée sous la forme d’une volute, comme le suggèrent ses autres appellations: dragon hua shi (hua shi long) ou dragon « d’herbe parfumée » (xiang cao long). Sa lèvre supérieure se redresse au-dessus de sa gueule à la manière d’une petite trompe et il crache souvent une guirlande de lotus ou de perles.
Ce motif apparut sous le règne Xuande (1426-1435) durant la dynastie Ming et devint l’un des éléments décoratifs caractéristiques de la porcelaine Chenghua. Il fut repris pendant les périodes suivantes.

Dragon parmi les flots

Parmi les nombreux motifs découlant du dragon, le « dragon parmi les flots » fait référence à l’un des pouvoirs faisant du dragon l’un des quatre animaux mythiques, car il peut plonger vers les fonds les plus profonds comme atteindre les cieux. D’autre part, le dragon de mer (li) est l’un des quatre grands types de dragons (voir Dragon).

Dragon parmi les nuées ou les flammes

Parmi les nombreux motifs découlant du dragon, le dragon parmi les nuages ou les flammes évoque à deux des pouvoirs faisant du dragon l’un des quatre animaux mythiques, car il peut traverser les flammes les plus profonds comme atteindre les cieux. D’autre part, le dragon de mer (li) est l’un des quatre grands types de dragons (voir Dragon).

Dragon poursuivant la perle enflammée

Les hypothèses concernant l’interprétation de ce motif sont multiples. D’après certaines légendes, la perle naissait de la fécondation de coquillages par le tonnerre : ainsi, elle représente associée au dragon le tonnerre et l’évolution. Pour d’autres, s’inspirant de la tradition bouddhique qui voyait dans la perle enflammée un joyau capable d’exaucer les souhaits, elle représentait un trésor céleste gardé par les dragons. L’une des variantes de ce motif connue sous le nom de qiang zhu long ou de shuang long qian zhu représente deux dragons affrontés, se disputant la perle.

Dragon et phénix (long feng cheng xiang)

Ce décor, prisé sous les dynasties Ming et Qing, réunit deux des quatre animaux célestes et bénéfiques chinois : le dragon, emblème de l’empereur et le phénix, emblème de l’impératrice ; ils symbolisent une union puissante et étaient souvent employés pour décorer les pièces réalisées à l’occasion des mariages impériaux.

Dragon vert

L’un des cinq animaux associé aux cinq éléments chinois, avec le phénix rouge (le Sud), le tigre blanc (l’Ouest), la tortue noire (le Nord) et le qilin jaune (le Centre), le dragon vert représente l’Est, le bois et le printemps. Les dragons verts (couleur de l’est) sur un fond blanc (couleur de l’ouest) vont souvent par paire : ils évoquent alors le yin et le yang et leur mouvement cyclique symbolise le renouvellement constant du cosmos.

Dragon volant yilong

Le dragon volant illustre l’été. Il est parfois utilisé pour les poètes et les peintres.

Neuf dragons parmi les vagues (jiu long nao hai)

Ce motif est composé de neuf dragons en rouge de fer émergeant sur des vagues tourmentées en bleu de cobalt sous couverte.

E

Eléphant

Symbole de puissance, de pouvoir royal et de courage dans toute l’Asie, l’éléphant (xiang) est un animal de bon augure. Lorsqu’il porte un vase sur son dos, il symbolise la paix dans le monde par homophonie avec tai ping you xiang et l’abondance de la récolte. Un vase aux anses en forme d’éléphant porte la même signification.
Dans la tradition bouddhique, Buddha est sorti du côté de sa mère sous la forme d’un éléphant blanc. L’éléphant est aussi homophone d’apparence et d’illusion (xiang). Le décor composé d’un personnage pratiquant le nettoyage rituel d’un éléphant blanc (sao xiang) symbolise la purification spirituelle et constitue un thème très populaire à la fin des Ming. Dans l’iconographie bouddhique, il est la monture du Boddhisatva Puxian (Samantabhadra).

Emaux sur fond sgrafitto

Le fond sgrafittodésigne l’émail monochrome sur couverte qui recouvre l’ensemble d’une pièce et dans lequel de petits rinceaux sont finement incisés. Cette phase intervient avant la cuisson au feu de moufle à 750-800°C et le but est de laisser apparaître la couverte sous-jacente.

Empereur de Jade (Yudi)

Appelé aussi « Souverain céleste » ou « Auguste de jade » (Yuhuang), divinité suprême du taoïsme.

Empereur Minghuang des Tang

Il s’agit de Xuanzong (r. 712-756), également appelé Minghuang (« Auguste rayonnant ») ; son règne correspond à une période prestigieuse de la dynastie Tang (618-907), un formidable essor du bouddhisme et un remarquable épanouissement des arts. Il avait pour concubine favorite Yang Guifei (719-756), considérée enuite comme l’une des « quatre beautés » incomparables et pour favori Gao Lishi. Particulièrement versé dans les arts et les sciences, il fit de sa capitale un centre intellectuel florissant mais laissa se constituter de grandes armées indépendantes aux confins de son empire, ce qui aboutit à la fin de l’année 755 à la rebellion du général Han Lushan, dans la région de l’actuel Pékin. Les affrontements qui s’en suivirent durèrent près de dix ans marqués par l’instabilité politique, des exodes massifs et des milliers de victimes. Le rayonnement de son règne reste cependant perçu comme « l’âge d’or » des Tang.

Empereur Wu des Han

L’empereur guerrier et conquérant Wu (141-86) de la dynastie Han (-206-220) hérita d’un système impérial constitué et œuvra à une unification de son territoire, marquant son règne d’une formidable expansion territoriale : les Huns furent repoussés au Nord, la frontière méridionale reculée aux abords du Vietnam, le « Grand Ouest » conquis jusqu’aux passes du Fergana, ainsi que la majure partie de la Corée et la région de Canton. Wudi laissa à la fin de son règne un pays unifié et en paix, mais profondément appauvri.

Empereur Yao

Personnage divinisé ayant vécu (c.2357-2256 av. notre ère) durant la période légendaire de la Chine, c’est l’un des « Cinq empereurs » qui ont succédé aux « Trois Augustes » (Fuxi, Shennong et Huangdi). On lui attribue l’invention du calendrier, l’introduction des postes officiels et il serait parvenu à maîtriser les crues du Fleuve Jaune. Il a ensuite été assimilé et divinisé par la tradition taoïste qui en a fait un immortel.

Enfant

L’enfant (garçon) représente en Chine la continuité de la lignée ; le thème de l’enfant est donc omniprésent dans les motifs populaires, comme celui des « cent enfants » (souhait de descendance nombreuse) ou des « jeux d’enfants ». De même, l’enfant associé au qilin forme un vœu de descendance mâle. Dans le bouddhisme, la renaissance de l’âme est symbolisée par un enfant sortant d’un lotus dans un étang, d’où l’association de l’enfant avec le lotus (voir « enfant parmi les lotus »).

Enfant parmi les lotus (lian sheng gui zi)

Associé au thème décoratif de l’enfant et des « jeux d’enfant », ce motif auspicieux représente un ou deux jeunes garçons jouant parmi des floraisons de lotus et parfois de pivoines ; il constitue le vœu de donner naissance à enfant qui aura une bonne carrière.
Ce décor fut surtout employé sous la dynastie Song (960-1279).

Enfant chevauchant un qilin (qilin song zi)

Fréquemment associé aux motifs auspicieux du Nouvel an, ce décor à rébus représente la licorne qilin dans sa variante « pourvoyeuse d’enfant », chevauchée par un enfant mâle tenant une fleur de lotus (lian) (dont les nombreuses graines sont symbole de fécondité) et jouant d’un « orgue à bouche », le sheng. Le fils, la flûte et le lotus se combinent en « lian sheng zi », homophone de « liansheng zi », ce qui signifie « des fils naissent l’un après l’autre ».
Cao Ganyuan souligne que l’on peut percevoir dans cette image des échos alchimiques et ésotériques : la licorne qilin est associée à un pouvoir fécondant qui découle sans doute de l’alchimie dans laquelle elle symbolise la fécondité spirituelle, la transmutation intérieure, l’union du Yin et du Yang. Elle est également le symbole du retour au Centre et à l’unité, la flûte étant liée au pouvoir vital du souffle et le lotus symbolisant l’épanouissement spirituel. (Cf. La splendeur du feu, op. cit p. 55, note 56).

Enfants jouant ou « jeux d’enfants »

Les enfants jouant symbolisent le vœux de descendance nombreuse et par extension d’immortalité et de bonne fortune.

« Cent enfants »

Appartenant au thème décoratif des « jeux d’enfant », ce décor représente de nombreux enfants se livrant à des activités diverses, dont la danse de la lanterne-dragon. Il consitue un vœu de descendance nombreuse et de postérité.

Épée

Symbole taoïste de victoire du bien sur le mal, l’épée est l’attribut de l’immortel Lü Dongbing qui l’utilise pour trancher l’ignorance ; elle le représente à ce titre dans le décor des « huit emblèmes taoïstes » ou « huit immortels cachés » (an ba xian). Dans le registre bouddhique, elle est emblème de sagesse et de victoire sur l’obscurité.

Éventail

L’éventail est l’attribut de l’immortel Zhongli Quan et le représente à ce titre dans le décor des « huit emblèmes taoïstes » ou « huit immortels cachés » (an ba xian). On le retrouve souvent représenté aux mains de lettrés ou de femmes, l’utilisant parfois pour attraper des papillons dans le décor dit de « femmes et papillons ».

F

Faisan

Originaire du Sud, le faisan était l’insigne du 2e rang (faisan doré) et du 5e rang (faisan argenté) des fonctionnaires civils parmi les carrés mandarins en usage sous les Ming et les Qing ; il est à ce titre l’un des symboles des fonctionnaires au service impérial. Il est associé à la pivoine pour évoquer le printemps dans le décor de « Fleurs et oiseaux des quatre saisons » (siji huaniao tu). Ce décor de faisan et pivoines repris seul fut très populaire au début et à la fin du xviiie siècle dans les céramiques domestiques et d’exportation.

Femme et papillon

Les scènes montrant une femme jouant à attraper des papillons avec un éventail possèdent une connotation érotique. La femme est en général comparée aux fleurs pour leur beauté et leurs couleurs, tandis que le papillon symbolise le jeune homme amoureux.

Femmes et enfants

Les scènes de femmes et enfants ont en général lieu dans un intérieur domestique ou un jardin et exprime le vœu d’une descendance nombreuse. Le statut d’une femme dépend énormément du fait que son enfant soit un fils ou une fille, le fils ayant souvent la préférence car il est seul habilité à rendre le culte aux ancêtres. Les décors de femmes enseignant à leur enfant symbolisent le désir de réussite dans les études.

Fête de la mi-automne (Zhongqiujie)

Correspondant au 15e jour du 8e mois lunaire (en octobre pour

Feu d’artifice

Le feu d’artifice est censé éloigner les esprits malveillants. Ses représentations sont courantes pour les festivités et les vœux du Nouvel an.

Fleur précieuse (baoxianghua)

Signifiant littéralement la « fleur de la précieuse ressemblance », ce motif ornemental résulte d’une composition hybride entre lotus et pivoine et a sans doute été créé à cause de son lien par homophonie avec baoxiang (« la parfaite image » [du Bouddha]) (cf. La splendeur du feu, p. 50).

Fleurs des quatre saisons

Motif associant quatre fleurs symbolisant chacune une saison : le prunus pour l’hiver, la pivoine pour le printemps, le lotus pour l’été, le chrysanthème pour l’automne.

Fleurs des douze mois (shi er yue hua hui)

Motif employé pour décorer un ensemble de douze coupes à alcool, portant chacune une fleur associée à un mois lunaire ainsi qu’un poème calligraphié terminé par un sceau shang. Ces fleurs sont le narcisse (1er  mois), le magnolia Yulan (2e mois), la fleur de pêcher (3e mois), la pivoine (4e mois), la fleur de grenadier (5e mois), le lotus (6e mois), l’orchidée (7e mois), l’osmanthus (8e mois), le chrysanthème (9e mois), l’hibiscus « Caprice de femme »(hibiscus mutabilis L.) (10e mois), la rose de Chine (hibiscus rosasinensis) (11e mois) et enfin la fleur de prunus (12e mois).
Ce motif fut employé durant le règne Kangxi (1662-1722) de la dynastie Qing.

Fleurs et oiseaux

Genre de la peinture académique instauré sous l’empereur Huizong (1101-1125) des Song du Nord. Ce thème décoratif reflète au départ un aspect essentiel de l’esthétique chinoise, touchant à la représentation de la nature par un regard intimiste empreint de poésie. Plus tard, il se mêle à une seconde catégorie décorative, en se chargeant de symboles, d’allégories ou de figures auspiceuses. Les motifs, très riches, varient principalement selon les saisons et donnent naissance à des thèmes plus spécifiques, comme les « fleurs et oiseaux des quatre saisons ». Les oiseaux représentés en couple parmi les fleurs symbolisent en général l’amour conjugal.

Fleurs et oiseaux des quatre saisons (siji huaniao tu)

Déclinaison du thème décoratif « fleurs et oiseaux » reprenant les « fleurs des quatre saisons », les « Fleurs et oiseaux des quatre saisons » (siji huaniao tu) associent la pivoine et le faisan au printemps, le lotus et le canard mandarin à l’été, le chrysanthème et la caille à l’automne et enfin le prunier et la pie à l’hiver (voir « Fleurs et oiseaux », « Fleurs des quatre saisons »).

Flûte

La flûte est l’attribut de l’immortel Han Xiangzi le représente à ce titre dans le décor des « huit emblèmes taoïstes » ou « huit immortels cachés » (an ba xian). On la retrouve également dans le décor appelé Chui xiao yin feng, « faire venir [ou] attirer les phénix au son de la flûte ».

Fond sgrafitto

Le fond sgrafitto désigne l’émail monochrome sur couverte qui recouvre l’ensemble d’une pièce et dans lequel de petits rinceaux sont finement incisés. Cette phase intervient avant la cuisson au feu de moufle à 750-800°C et le but est de laisser apparaître la couverte sous-jacente.

Fuxi

Le premier des « Trois Augustes » (Sanhuang), empereurs de la période légendaires et fondateurs mythiques de la Chine ; son « règne » correspond à l’âge pastoral (Néolithique antérieur). Fuxi enseigna aux hommes la chasse, la pêche et l’élevage ; il institua le mariage et élabora selon la légende les Huit Trigrammes (Bagua).

G

Gao Lishi

Favori de l’empereur Minghuang (Xuanzong, r. 712-756) des Tang (618-907).

Genzhi tu (Traité de riziculture et de sériculture)

Œuvre composée à l’origine par Lou Shu (actif entre 1133 et 1155), fonctionnaire préfet en poste près de Hangzhou, capitale des Song du Sud. L’œuvre est constituée de deux séries d’illustrations accompagnées de textes poétiques sur les thèmes de la culture du riz et du tissage de la soie. De cette première œuvre peinte découlèrent ensuite d’autres manuscrits, imprimés ou estampés.
Au xviie siècle, l’original resurgit et attira l’attention de l’empereur Kangxi (r. 1622-1722) lors de son voyage d’inspection dans le Sud en 1689. L’empereur renouvela la tradition à partir des éditions Song et confia l’illustration de l’album au peintre Jiao Bingzhen (actif entre 1680 et 1720). Il s’en suivit une nouvelle série xylographiée traitant les deux thèmes, chacun comportant 23 tableaux accompagnés des légendes explicatives originales et complétésles poèmes impériaux de Kangxi. L’ouvrage dépeint deux activités primordiales au monde rural chinois au grès des saisons, l’homme pour les travaux de champs de riz et femmes pour l’élevage de soie et confection du vêtements, ainsi rendant hommage aux peuple paysans et leur labeur physique. Gengzhitu est un thème décoratif très courant dans les céramiques famille verte de l’époque Kangxi.

Grenade

En raison de l’abondance de ses grains, elle symbolise le vœu d’une descendance nombreuse.

Grenouille

Symbole d’humidité, d’origine lunaire et associée au yin, la grenouille était primitivement souvent représentée sur des tambours de bronze utilisés dans les rites de pluie des ethnies de la Chine du Sud.

Grue

Symbole de longévité par homophonie, la grue est souvent employée dans l’iconographie taoïste, associée à Shoulao et aux vœux d’immortalité. On la retrouve dans le motif de « grues parmi les nuées » (yun he wen) ou des « huit immortels volant sur des grues », ainsi que dans le .

Grues parmi les nuées (yun he wen)

Motif associé à la longévité par la symbolique de la grue, qui s’est décliné en « huit immortels volant sur des grues ».
Ce motif ancien apparut sur les céramiques Yue de la période des Cinq dynasties (907-960) ; sa déclinaison avec les huit immortels apparut sous la dynastie Jin (1115-1234).

Guandi

L’empereur Guan, inspiré de Guan Yu, personnage historique ayant vécu au début du IIIe siècle avant notre ère. Guan Yu se rallia à Zhang Fei et Liu Bei, le fondateur du royaume de Shu (221-263) qui se réclama héritier légitime de la dynastie des Han après la chute de l’Empire. Cette alliance dans le jardins des pêchers symbolise la fraternité en Chine. Héros dans le « Roman des trois royaumes » (Sanguo yanyi) de l’époque Ming, il symbolise la loyauté et le courage. Divinisé au rang de maréchal puis d’empereur dans le panthéon taoïste, il est considéré comme le patron des militaires mais aussi le protecteur des commerçants, car sa parole donne gage de confiance.

Guanyin

Appelé aussi Avalokitesvara, Guanyin est le bodhisattva de la compassion. Il connaît en Chine une ferveur particulière où il est souvent représenté sous un aspect féminin et accompagné d’enfants. Il exauce alors le souhait d’une descendance nombreuse.

H

Hallebarde (ji)

Symbole de mérite militaire et de haut rang. Sous les Tang (618-906), les hauts fonctionnaires avaient le privilège de mettre des hallebardes devant la porte de leur maison. Porter une hallebarde est signe de richesse et de noblesse. La hallebarde intervient également dans des décor à rébus : ainsi, trois hallebardes (san ji) et un orgue à bouche (sheng) posés dans un vase ping se combinent pour former ping sheng san ji, vœu de promotions successives. Un vase you associé à une hallebarde sur laquelle sont suspendus un poisson (yu) et la pierre sonore (qing) forment ji qing you yu, « abondance de bonne fortune et de félicité ».

Hanshan et Shide

Deux poètes de l’époque Tang (618-906) symbolisant l’amour fraternel.

Hehe

Les Hehe sont deux moines bouddhiques, représentés ensembles, l’un tenant un lotus, l’autre une boîte, ils personnalisent le vœux d’harmonie conjugale.

Héron

Représentant à l’origine une force élémentaire, le héron est un oiseau de bon augure.

« Histoire du luth (l’) » (Pipa ji)

Pièce de théâtre romancée écrite par le lettré fonctionnaire Gao Ming (né vers 1350-1368 sous la dynastie Yuan, actif sous les Ming) et représentée à Pékin en 1404.

« Histoire du serpent blanc (l’) » (Baishe zhuan)

Légende traditionnelle chinoise, racontant la romance de Bai et Xu Xian. Bai se promenait au bord du lac de l’Ouest (sur le « pont brisé »), accompagnée de sa servante Xiao Qing, quand elle rencontra un jeune lettré du nom de Xu Xian. Ils s’éprirent l’un de l’autre et décidèrent de se marier. De leur union naquit un fils. Mais un jour, Xu Xian s’aperçut que sa femme Bai et sa servante étaient en réalité deux serpents. Il surmonta sa frayeur et cacha la situation car il restait très amouraux de Bai. Cependant sa famille vint à apprendre la vérité et demanda à un moine bouddhiste de venir exorciser le démon. Le moine captura Bai et sa servante et il les enferma pour l’éternité sous la pagode Leifeng, plongeant Xu Xian dans la douleur et la mélancolie.

Huangdi

L’« Empereur jaune », considéré comme le fondateur de la Chine, est le troisième des « Trois Augustes » (Sanhuang), empereurs de la période légendaires. Il aurait régné de 2697 à 2599 avant notre ère. On lui attribue l’invention des caractères d’écriture, inspiré en cela (selon certaines sources) par son observation des phénomènes de la nature, l’approfondissement des connaissances médicales et les débuts de la culture du ver à soie.

Huit

Symbole de l’équilibre et du bon ordre cosmique.

Huit emblèmes bouddhiques (ba ji xiang)

Ces huit emblèmes forment une série de motifs extraits de l’iconographie bouddhique. Utilisés hors du contexte religieux, ils symbolisent des vœux de bonne fortune. Ils comprennent la roue (la roue de la loi bouddhique), la conque (la voix du Buddha), le parasol (l’autorité spirituelle), le dais (la dignité royale, l’illumination), le lotus (la pureté), le vase (harmonie), les deux poissons accolés (la fertilité, protection contre le mal, bonheur conjugal, liberté spirituelle) et le nœud sans fin (les entrailles du Buddha, longue vie et équilibre constant entre la sagesse et la compassion). Il est courant d’associer le dragon et les huit emblèmes bouddhiques pour relier l’autorité impériale au pouvoir bouddhique.
Apparus dans l’art lamaïque tibétain, ces motifs furent introduits sous la dynastie Yuan. Leur disposition était aléatoire jusqu’au règne Yongle, sous lequel fut établi leur ordre de succession : la roue, la conque, le dais, le parasol, le lotus, les poissons, le vase et le nœud sans fin. Cet ordre cessa d’être systématiquement suivi après le règne Qianlong.

Huit emblèmes bouddhiques - Conque

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », la conque symbolise la voix du Bouddha.

Huit emblèmes bouddhiques - Dais

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », le dais symbolise la dignité royale, l’illumination.

Huit emblèmes bouddhiques - Deux poissons

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », les deux poissons symbolisent la fertilité, la protection contre le mal, l’harmonie domestique, le bonheur conjugal, la liberté spirituelle.

Huit emblèmes bouddhiques - Lotus

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », le lotus symbolise la pureté, car ses fleurs immaculées émergent du fond boueux des étangs.

Huit emblèmes bouddhiques - Nœud sans fin

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », le nœud sans fin symbolise les entrailles du Buddha, la longévité et l’équilibre constant entre la sagesse et la compassion.

Huit emblèmes bouddhiques - Parasol

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », le parasol symbolise l’autorité spirituelle.

Huit emblèmes bouddhiques - Roue

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », la roue représente la loi bouddhique et constitue un symbole du Buddha, les rayons illustrant la lumière qui émane du saint personnage.

Huit emblèmes bouddhiques - Vase

Parmi les « Huit emblèmes bouddhiques », le vase symbolise l’harmonie.

Huit emblèmes taoïstes (an ba xian)

Signifiant littéralement « les huit immortels cachés », ce motif décoratif fonctionne par allusion et évoque les Huit immortels taoïstes, sans les montrer, par leurs attributs caractéristiques : l’éventail pour Zhongli Quan, le tambour pour Zhang Guolao, la flûte pour Han Xiangzi, la gourde double pour Li Tieguai, les castagnettes pour Cao Guojiu, l’épée pour Lü Dongbin, la corbeille de fleurs pour Lan Caihe et enfin le lotus pour He Xiangu. Comme le motif de Huit immortels, ce décor symbolise un vœu de longévité.
Ce motif, qui suit l’apparition du motif des Huit Immortels, fut particulièrement en vogue sous la dynastie des Qing.

Huit immortels (ba xian)

Dans la symbolique taoïste, les Huit Immortels personnifient l’espérance d’une longue et heureuse vie et la quête de l’immortalité, car ces sept hommes et cette femme devinrent eux-mêmes immortels par leur grande vertu et leur grande sagesse. Ils habitent les Iles fortunées et chacun d’eaux se reconnaît à son attribut: Cao Guojiu, l’aristocrate, porte des « castagnettes » (en fait des tablettes de lettré); Han Xiangzi (patron des musiciens) porte une flûte ; He Xiangu (la jeune femme) porte une fleur de lotus ; Lan Caihe (androgyne, homme ou femme selon les versions) porte une corbeille de fleurs ; Li Tieguai (le mendiant) s’appuie sur une béquille et porte une gourde double ; Lü Dongbin porte une épée ; Zhang Guolao, qui se déplace sur son âne blanc magique, porte un tambour et enfin Zhongli Quan, l’ancien général devenu ermite, porte un éventail. Le thème des Huit Immortels constitue un vœu de longévité.
Suite à la grande popularité de ce motif dans la littérature et la peinture, apparut en céramique le motif des « Huit Immortels cachés » (an ba xian), évoquant ces huit divinités par leurs seuls attributs (voir Huit emblèmes taoïstes).

Huit immortels - Cao Guojiu

Cao Guojiu, l’un des Huit Immortels taoïstes, était dit-on un officiel de la famille impériale des Song qui aurait vécu au xe siècle. Il aurait renoncé aux fastes de la vie officielle pour se vouer à la méditation. On le reconnaît à son riche vêtement ; généralement coiffé d’un bonnet de lettré, il a pour attribut ce qui est usuellement désigné comme des « castagnettes », et sont vraisemblablement des lattes de bambou que les lettrés portaient pour se présenter aux audiences impériales.

Huit immortels - Han Xiangzi

Han Xiangzi, l’un des Huit Immortels taoïstes, serait le neveu du lettré Han Yu (768-824) et aurait vécu au IXe siècle sous les Tang. Il devint le disciple de Lü Dongbin, qui l’initia en l’obligeant à monter dans un pêcher. Han Xiangzi tomba et devint ainsi Immortel. Souvent représenté vêtu d’un habit à ample ceinture nouée, chevauchant parfois une pêche fabuleuse, il a pour attribut une flûte, qui fit de lui le patron des musiciens.

Huit immortels - He Xiangu

He Xiangu, seule femme attestée parmi les Huit Immortels taoïstes, serait la fille d’une riche famille de Guangdong et aurait vécu sous les Tang au VIIe siècle, en ermite, cachée dans les montagnes, se nourrissant de nacre et de rayons de lune. Menacée par un démon, elle fut sauvée par Lü Dongbin. Généralement représentée vêtue d’une robe, d’un manteau et d’une très longue ceinture, elle porte à la main ou à l’épaule son attribut, une fleur de lotus.

Huit immortels - Lan Caihe

Lan Caihe, dont l’androgynie parmi les Huit Immortels taoïstes en fait, selon les versions, un homme ou une femme, aurait vécu sous les Tang et aurait fait preuve d’un comportement étrange, hors normes. Souvent représenté(e) avec une seule chaussure, son attribut est une corbeille de fleurs et d’herbes.

Huit immortels - Li Tieguai

Li Tieguai ou Li « Béquille de fer » serait le plus âgé et le plus ancien des Huit Immortels taoïstes et aurait vécu au cours de la dynastie des Zhou de l’Ouest (1121-771 av. J.C.). Avant de devenir Immortel, il aurait entrepris un voyage jusqu’aux cieux, durant lequel son apprenti aurait incinéré son corps par erreur, ne lui laissant d’autre choix que de revenir dans le corps d’un mendiant mort de faim. Il est donc représenté vêtu en mendiant, toujours appuyé sur une béquille de fer et portant sa gourde double.

Huit immortels - Lü Dongbin

Lü Dongbing, le plus célèbre des Huit Immortels taoïstes, aurait vécu sous la dynastie Tang (618-906). Se destinant à devenir fonctionnaire, il aurait fait un rêve au cours duquel il aurait vu toute sa vie future, de ses premiers succès aux jalousies et aux trahisons. Suite à ce rêve, connu comme le « Rêve du millet jaune », il renonça à sa carrière et décida de suivre Zhongli Quan. Souvent représenté coiffé d’un bonnet de lettré faisant référence à ancienne destination, il porte parfois un chasse-mouche. Son attribut est une épée tranchant l’ignorance dont Zhongli Quan lui apprit le maniement.

Huit immortels - Zhang Guolao

Zhang Guolao, l’un des Huit Immortels taoïstes, était un ermite, mage et maître alchimiste dit-on, vivant sur le mont Tiao sous la dynastie Tang (618-906). Il se déplaçait en chevauchant, parfois à rebours, un âne blanc magique qu’il pliait comme un simple morceau de papier lorsqu’il n’en avait plus besoin. Patron des peintres et des calligraphes, son attribut est un instrument à percussion proche du tambour (le yugu), constitué d’un tube de bambou et de deux baguettes.

Huit immortels - Zhongli Quan

Zhongli Quan, l’un des plus anciens parmi les Huit Immortels taoïstes après Li Tieguai, était aussi leur « chef » même si certains eurent tendance à considérer dans ce rôle son disciple Lü Dongbin. Sage, cet ancien général devenu ermite sous la dynastie Han (206 av. J.C.-220) apprit à Lü Dongbin le maniement de son épée. Reconnaissable généralement à sa forte corpulence, sa robe s’ouvrant sur son ventre nu, il a pour attribut un éventail qui ranimerait les morts.

Huit lettrés buvant

Huit personnalités de l’époque Tang (618-906). Ils étaient connus pour être de grands buveurs d’alcool, qui constituait pour le lettré chinois un moteur d’inspiration poétique, pouvant le transcender et l’amener à l’état d’immortel. Ces huit personnages, également appelés les « huit immortels dans la beuverie » (ou les « huit célébrités piccoleuses » dans le Li Bai Zhuan, Xin Tang Shu), sont Li Bo, He Zhizhang, Li Shizhi, le roi du Ruyang Lian, Cui Zongzhi, Su Jin, Zhang Xu et Jiao Sui.
Ce thème décoratif est essentiellement employé sous la dynastie Qing.

Huit monstres marins (hai ba guai)

Connu également sous le nom de « poissons et animaux marins parmi les flots » (hai shou yü tao), ce motif rassemble un cheval marin, un lion, un éléphant, un dragon ailé et un poisson apparaissant sur des vagues tourmentées.
Le motif apparut sous la période Xuande (1426-1435) durant la dynastie Ming.

Huit objets précieux

Regroupés dans ce motif, les « Huit objets précieux » se reconnaissent à leur traitement particulier et ont une signification auspicieuse. Ils regroupent la perle (bon augure éloignant les influences néfastes), la feuille de génépi (probablement utilisée dans la quête de la longévité), les cornes de rhinocéros (protection et bonheur), la sapèque (richesse), le losange (symbole de victoire et de dualité), les deux livres (la science et la calligraphie), la peinture (qui constitue probablement une variante du losange) et enfin la pierre sonore (évoquant la justice).

Huit objets précieux - Les cornes de rhinocéros

Parmi les « Huit objets précieux », les cornes de rhinocéros sont un emblème du bonheur et un motif honorifique de bon augure. Elles étaient utilisées comme coupes lors des festins, car elles présentaient dit-on la faculté de détecter les poisons.

Huit objets précieux - Les deux livres

Parmi les « Huit objets précieux », les deux livres évoquent la science et la calligraphie.

Huit objets précieux - La feuille de génépi

Parmi les « Huit objets précieux », la feuille de génépi était probablement utilisée dans la quête de la longévité. Cette représentation est également utilisée comme marque, dite « marque à la feuille ».

Huit objets précieux - Le losange

Parmi les « Huit objets précieux », le losange symbolise la victoire ainsi qu’une représentation de la dualité.

Huit objets précieux - La peinture

Parmi les « Huit objets précieux », la peinture provient probablement d’une variante du losange. Cette représentation est également utilisée comme marque.

Huit objets précieux - La perle

Figurée comme l’un des « Huit objets précieux », la perle est symbole de bon augure, éloignant les influences néfastes.

Huit objets précieux - La pierre sonore

Parmi les « Huit objets précieux », ce motif évoque la pierre sonore, faite de jade, qui était suspendue pendant les audiences du tribunal. Elle représente la justice ; ses angles, bien qu’ils paraissent tranchants, ne coupent pas et seuls les nobles avaient le droit de porter cet insigne (Goidsenhoven, 1936, p. 62).

Huit objets précieux - La sapèque

Parmi les « Huit objets précieux », la sapèque est symbole de richesse.

Huit symboles de la richesse ou huit trésors (ba bao)

Ce motif est composé de huit symboles sélectionnés parmi les « trésors variés », comme le corail, le lingot, la perle enflammée, le taiji ou la sapèque.

Huit Trigrammes (bagua)

Ces signes représentent les huit éléments de l’univers (l’eau, le tonnerre, la terre, la montagne, le feu, le vent, le ciel, la mer). Ils sont composés de huit groupes de traits, parallèles et superposés, qui forment huit combinaisons différentes. Les lignes complètes représentent le principe mâle du ciel, et les lignes interrompues représentent le principe femelle de la terre. Ces trigrammes sont utilisés comme système divinatoire. Le motif des « huit trigrammes » est généralement présenté sous une forme octogonale avec en son centre le ying et le yang.

K

Kui xing

Kui Xing, divinité des études qui veille à l’obtention des grades et certificats officiels, symbolise la réussite aux examens et accompagne souvent Wen Chang, qui fait partie comme lui du groupe des étoiles de la Grande Ourse. Souvent représenté sur les objets de lettré, il peut être nu ou vêtu d’une tunique et se tient généralement debout sur un poisson (Ao ?), brandissant un pinceau avec lequel il touche la Grande Ourse (voir « Wen chang di jun »).

L

Le bouvier et la tisserande

Ce motif est inspiré d’une légende très populaire : le Bouvier avait épousé la Tisserande (l’étoile Véga) et déchaîné ainsi la fureur de l’Empereur de Jade et de la Déesse, qui ordonnèrent aux gardiens célestes de la reprendre. Ne voyant plus sa femme, le Bouvier se mit à sa recherche. Alors qu’il allait les rattraper, la Déesse tira une épingle d’or de sa chevelure et transforma la Voie lactée, alors peu profonde et limpide, en une rivière houleuse qu’il ne pouvait plus traverser. émus par leur amour sincère, l’Empereur de Jade et la Déesse leur permirent néanmoins de se rencontrer une fois par an, le 7e jour du 7e mois lunaire : ce jour-là, les pies s’envolent vers le ciel et forment un pont traversant la Voie lactée, permettant aux deux époux de se retrouver.
Cette légende est commémorée par la fête du Double Sept (Qixi), également appelée « Rencontre d’étoiles », célébrée durant la soirée du 7e jour du 7e mois lunaire et considérée comme propice aux amoureux.

« L’investiture des esprits » (Fengshen yanyi)

Roman historique et fantastique majeur écrit au xvie siècle sous la dynastie Ming par Xu Zhonglin et comptant parmi les quatre grands récits épiques de la Chine. Le roman raconte la fondation de la dynastie Zhou en faisant intervenir des monstres immortels, des personnages doués de pouvoirs magiques et par la suite divinisés.

Lac de l’Ouest

Ce lac célèbre, connu pour la beauté de son site, se situe dans la partie ouest de la ville de Hangzhou au Zhejiang, est devenu l’un des thèmes favoris des peintres et des poètes.
L’empereur Kangxi écrivit un jour une liste de dix vues remarquables : « la lune d’automne sur le lac apaisé », « l’aube printannière à la digue Su », « les traces de neige sur le pont brisé », « la pagode Leifeng au soleil couchant », « la cloche de Nanping au crépuscule », « les lotus sous la brise dans la cour sinueuse », « contempler les poissons dans l’étang Huagang », « écouter les fauvettes parmi les saules oscillants », « les trois pagodes reflétant la lune » et « les monts jumeaux disparaissant dans les nuages ».
Les dix vues du lac de l’Ouest ont servi de référence dans l’art paysager sous les règnes Kangxi à Qianlong. La « lune d’automne sur le lac apaisé » correspond à une terrasse à la jonction de l’extrémité Ouest de la digue Bai et de l’ilot de la colline de la Solitude, sur laquelle on trouve une tablette en pierre portant cette inscription. « L’aube printannière à la digue Su » fait référence à l’un des sites les plus pittoresques du lac, la digue Su, construite sous les Song du Nord (960-1127). « Les traces de neige sur le pont brisé » correspondent au moment où la neige se met à fondre sur le côté exposé de ce pont de pierre, alors qu’elle reste d’un blanc pur sur le côté ombragé, créant ainsi l’illusion d’un pont brisé. Le tintement de la cloche Nanping du temple Jingci se répercute tous les soirs d’une rive à l’autre du lac. La cour sinueuse était une brasserie sous les Song du Sud (1127-1279), dans la cour de laquelle poussent de nombreuses variétés de lotus. Le parc Huagang était autrefois un jardin privé, comprenant un étang où l’on peut admirer plusieurs centaines de carpes rouges. Les trois pagodes sont situées à l’extérieur de Xiaoyingzhou, le plus grand îlot du lac renommé pour ses jardins sur l’eau dans lesquels se reflète la Lune ; la fête de la mi-automne constitue le moment le plus propice pour l’observer.

Lanterne

Ce motif est lié à la fête de la lanterne (Yuanxiao) qui a lieu le quinzième jour du premier mois lunaire et clôt les festivités de la fête du Printemps. La lanterne peut également intervenir dans des décor à rébus : ainsi, associée à l’abeille et à l’épi de blé (puis tardivement à des pendeloques), la lanterne intervient dans un motif constituant un souhait pour l’abondance de la récolte agricole : abeille (feng ; abondance), lanterne (deng : l’année) d’où « feng deng » (l’année abondante) (voir « Moisson abondante »).

Laozi

(Lao-Tseu) - Philosophe et archiviste royal qui vécut au VIe siècle avant notre ère, à qui l’on attribue le Daode jing (« Le Livre du Tao », litt. « Classique de la voie et de son pouvoir ») enseignant l’importance de cultiver la simplicité, le détachement et la vertu en vivant en harmonie avec la nature. Laozi est considéré comme le fondateur du taoïsme ; divinisé dans le panthéon taoïste, il en constitue l’une des plus hautes divinités.

Lièvre, lapin

Le lièvre (ou lapin) représente le quatrième signe du zodiaque chinois (il fut remplacé par le chat au Japon). En Chine, symbole de bonheur, il est étroitement associé à la Lune, où habite le lièvre lunaire pilant l’élixir d’immortalité dans son mortier (le lièvre et la lune constituent d’ailleurs une marque symbolique sur certaines pièces).

Lettrés

Une classe privilégiée dans la Chine ancienne : la connaissance des classiques confucéens permettait de réussir le concours d’état et de devenir fonctionnaire civil. Pendant ses périodes d’oisiveté, le lettré s’adonne à la poésie, la peinture, la calligraphie et même à l’alcool, qui motive parfois des réunions avec des amis. Le lettré possède les vertus confucéennes, telles l’honnêteté et la droiture, mais certains se tournent vers le taoïsme et fuyant donc le mondain, se réfugient dans la nature et sa contemplation. (Voir aussi les « Huit lettrés buvant », les « Sept sages de la forêt de bambou » et Wang Xizhi).

Li Bo

Li Bo est un célèbre poète chinois qui vécut sous la dynastie Tang (618-907). Il est souvent représenté en état d’ivresse.

Lingzhi

Le lingzhi ou amadouvier (ganoderma lucidum), le champignon de longévité, est signe de bonne fortune, associé à la quête de l’immortalité. Motif récurrent dans l’iconographie taoïste, on le retrouve fréquemment associé à l’Immortelle Magu, qui en faisait un vin d’immortalité pour l’anniversaire de Xi Wangmu. Sous le règne de Jiajing (1522-1566), empereur dévoué au taoïsme, il constitue un élément décoratif prépondérant, intervenant sous forme stylisée dans de nombreuses compositions.
Ses vertus médicinales sont avérées : le Shennong Bencaojing, écrit entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère et considéré comme le premier traité de pharmacopée chinoise complet, en distinguait six variétés (rouge, orange, bleu, pourpre, blanc et noir). On en connaît aujourd’hui plus d’une centaine, soumises à des recherches pharmaceutiques poussées, notamment pour leur propriétés anticancéreuses.

Lion (shizi)

Animal protecteur de la Loi du Bouddha et des édifices sacrés, il incarne la paix et la prospérité. Sur certaines céramiques, il exprime également un souhait de réussite à la cour.

Lion jouant avec une balle (shi xiù qiú)

La balle est une représentation du soleil. Une légende chinoise assure que le lion produit du lait avec ses pattes. Si l’on place une balle vide au sommet d’une colline, le lion qui jouera avec laissera de son lait à l’intérieur.
Ce motif apparut sous la dynastie Song (960-1279) dans les fours de Ding et devint populaire sous la dynastie Ming (1368-1644), plus particulièrement sur les céramiques Xuande (1426-1435).

Litchi (lizhi)

Fruit d’origine de Sud de Chine, souvent présenté comme vœux de bon augure.

Liu Hai

Liu Hai est souvent représenté avec des sapèques et un crapaud à trois pattes, il s’agit d’un personnage taoïste symbolisant la fortune.

Longwang nü

La fille du roi dragon Longwang.

Lotus

D’origine bouddhique, il est symbole de pureté et d’intégrité car ses pétales fleurissent au-dessus des eaux boueuses et forment une coupe tournée vers le ciel. Il est associé au Buddha Sakyamuni qui se tient dans une corolle de lotus indiquant la vérité sur sa nature. Sous une forme stylisée variant avec les périodes, c’est l’un des « huit emblèmes bouddhiques ». Par son fruit aux nombreuses graines, il symbolise également la fécondité. Il est associé à l’été, qu’il représente dans le décor des « fleurs des quatre saisons ». Dans l’iconographie taoïste, c’est l’attribut de l’immortelle He Xiangu ; il la représente à ce titre dans le décor des « huit emblèmes taoïstes » ou « huit immortels cachés » (an ba xian). Hybridé avec la pivoine, il constitue le motif appelé « fleur précieuse » ou « fleur de la précieuse ressemblance ».
Récurrent dans les décors chinois, il est incorporé dans la plupart des décors de céramique à partir des Song (960-1279).

Lune

La Lune représente l’essence du principe féminin négatif de la nature, le yin, opposé au principe mâle positif (yang) incarné par le soleil. Il est dit que la Lune est habitée par un lièvre pilant l’élixir d’immortalité dans son mortier (le lièvre et la lune constituent d’ailleurs une marque symbolique sur certaines pièces). Le dieu du mariage Yue Lao est aussi associé à cet astre figurant parmi les « douze ornements anciens ».

Luohan

(Bouddhisme) - Arhat en sanscrit, moine disciple de Buddha Sakyamuni, protecteur de lois bouddhiques. Ils sont à l’origine au nombre de seize, mais à partir de l’époque Song ils peuvent aller jusqu’au dix-huit et plus tard même cinq cents en tant que disciples-auditeurs dans l’assemblée de prédication du Buddha.

Luth qin

Le luth qin, création de l’empereur légendaire Fu Xi, symbolise le bonheur matrimonial, l’harmonie familiale.

« Le pavillon de l’Ouest » (Xi xiang ji)

Xi xiang ji « Le pavillon de l’ouest » est un roman d’amour chinois écrit par Wang Shifu au xiiie siècle. Zhang Sheng, un jeune lettré, aime Cui Yingying. La mère de la jeune fille promet de la donner en mariage à celui qui les délivrera de la menace qu’une bande de mercenaires fait peser sur leur demeure. Zhang parvient à secourir les deux femmes. Mais la mère ne tint pas parole. A la fin les amants purent malgré tout se retrouver grâce à la complicité de la servante de Cui Yingying, Hong Niang.

« Le roman des trois royaumes » (Sanguo yanyi)

Roman historique en 120 chapitres écrit par Luo Guanzhong au xive siecle. L’histoire se déroule sur un siècle, de la fin de la dynastie des Han orientaux (fin du iie s.) à la fin des Trois Royaumes. Elle met en scène la lutte de pouvoir pour obtenir l’hégémonie après la chute de l’Empire Han à travers les intrigues, les alliances et les guerres parmi trois protagonistes : le général Cao Cao (Wei), en but à Sun Quan (Wu) et aux prétentions légitimistes d’un descendant de la famille impériale, Liu Bei (Shu). Liu est assité de ses deux frères jurés Guan Yu et Zhang Fei. Tous trois s’étaient prêté serment au Jardin des Pêchers. Zhuge Liang leur offrit son génie straégique de l’art militaire, mêlé d’un savoir magique teinté de taoïsme. Les personnages hauts en couleurs et les anecdotes au souffle épique font de cet ouvrage l’un des plus grands romans de la littérature chinoise.

« Les vingt-quatre modèles de piété filiale » (Ershisi xiao)

Recueil écrit sous la dynastie Yuan (1279-1368) par le poète et lettré Guo Jujing sous le nom de Yizi. Profondément affecté par la mort de son père, il entreprit de rechercher dans l’histoire du pays les exemples les plus frappants de dévotion filiale à travers les siècles. Il en sélectionna vingt-quatre qu’il accompagna de strophes élogieuses.

M

Magnolia

A la fois fragile et épanoui, il est l’image de la beauté féminine et la fleur du mois de mai. Son nom yulan signifiant littéralement « orchidée de jade », il renvoie également à la symbolique du jade qui incarne, dans l’ordre social, la souveraineté et la puissance. Associé à des oiseaux, il forme le décor « oiseau et magnolia », décliné des motifs « fleurs et oiseaux » et constituant la bénédiction « puisse le rayonnement du printemps durer éternellement ». Cette formule très répandue est utilisée pour souhaiter une longue vie.
(La splendeur du feu, op. cit. p. 54).

Magu

(Taoïsme) - Immortelle représentée sous les traits d’une jeune femme, tenant une corbeille de fleurs sur l’épaule, un champignon d’immortalité lingzhi ou une pêche à la main, parfois sur un char conduit par un daim. Mentionnée dans le Shenxian Zhuan (« Biographies des Immortels »), elle symbolisait selon la légende la longévité, car elle avait dit-on vu la Mer de l’Est se transformer en terre  les anglo-saxons traduisent son nom par la « Dame du chanvre » (« Hemp Lady »). Proche de Xi Wangmu, elle faisait, toujours selon la légende, un vin de lingzhi aux vertus de jouvence, qu’elle lui offrait à l’occasion de son anniversaire, le 3e jour du 3e mois lunaire. C’est pourquoi la représentation de Magu symbolise le vœu de longévité; elle est souvent employée sur des présents d’anniversaire offerts à des femmes.
Populaire à partir de la période Kangxi, le thème de Magu se retrouve dans le motif également connu sous le nom de « daim tirant un charriot »  : des femmes accompagnent un charriot tiré par un daim et contenant une jarre de vin, la scène symbolisant le message de Magu offrant des vœux d’anniversaires.

Makara

Monstre mythique d’origine indienne symbolisant l’abondance et la fertilité.

Melons et vigne (gua die mian mian)

Ce décor à rébus associe, comme dans le décor de « courges et vignes », deux éléments évocateurs pour composer un vœu de longue descendance mâle. En effet, l’expression chinoise pour désigner la vigne permet un jeu de mot sur l’expression « des milliers de génération ». Les melons sont appelés gua lorsqu’ils sont grands et die lorsqu’ils sont petits, ce dernier terme étant homophone de « papillon », l’un des symboles du jeune homme amoureux. Ce décor est d’ailleurs parfois agrémenté de papillons.

Mer

La mer, représentée de façon figurative ou sous forme de flots stylisés, est un motif récurrent dans la céramique chinoise. Dans la première moitié du xve siècle, la mer est souvent peuplée d’animaux fantastiques afin d’évoquer la puissance maritime de la Chine, alors première flotte mondiale, comme le montre le motif des « huit monstres marins ». On la retrouve aussi fréquemment associée aux représentations des Huit immortels taoïstes ; un épisode célèbre de leurs périgrinations raconte comment ils traversèrent la mer de l’Est vers les Iles fortunées, voguant chacun sur l’un de leurs attributs. La mer intervient de même dans de nombreux motifs.

Mille fleurs

Egalement appelé motif des « cent fleurs » bai hua ou « dix mille fleurs »wan hua en chinois, ce décor recouvrant la totalité d’une pièce juxtapose des centaines de chrysanthèmes, pivoines, lys, volubilis, roses, lotus, magnolias, iris, asters, bégonias, camélias et bien d’autres, mêlant leurs couleurs et leurs formes ; il est porteur du message symbolique « toutes les fleurs offrent leurs bénédictions ».

« Moisson abondante » (feng deng)

Ce décor à rébus associe des lanternes agrémentées de pendeloques portés par des abeilles pour composer un souhait d’abondante récolte agricole : abeille (feng ; abondance), lanterne (deng : l’année) d’où « feng deng » (l’année abondante). Il peut aussi être appelé « moisson abondante des cinq céréales » (wu gu feng deng).
Ce motif existe sur les brocarts depuis l’époque Song (960-1279): les pendeloques à l’origine étaient composés d’épis de céréales, remplacés ensuite par des emblèmes.

Montagne

Le montagne joue un rôle symbolique dans la pensée chinoise, en particulier pour le taoïsme dans lequel elle constitue la demeure des immortels : ainsi le mont Kunlun (où se trouve le palais de Xiwangmu), refuge privilégié des ermites et sujet de prédilection des artistes peintres. Sacrée, elle abrite des temples et assure la fonction de lieu cultuel : elle est révérée en soi et représente souvent un lieu de pélerinage pour les croyants, tel le mont Wutai (Shanxi) pour le Bodhisattva Wenshu ou le mont Putuo (Zhejiang) pour Guanyin. La Chine compte cinq montanges sacrées, associées aux points cardinaux : Taishan (la « montagne calme », associée à l’est, dans la province de Shandong), Huashan (la « montagne fleurie », associée à l’Ouest, Henan), Songshan (la montagne centrale, Henan), Hengshan (associée au Nord, Hebei) et Hangshan (associée au Sud, Hunan) En Chine, la notion de peinture de paysage « shanshui » associe les deux éléments montagne et eau.

Masque taotie (tao tie wen)

Les masques taotie « glouton », également connus sous le nom de masque animal (shou mian wen), dérivent des vases antiques en bronze et sont composés de la face stylisée d’un animal imaginaire, pouvant mêler les traits d’animaux réels comme le bœuf, le mouton ou le tigre, avec ceux d’animaux fantastiques comme le dragon long ou kui.
Le nom tao tie vient du Lü Shi Chun Qiu (« Annales des Printemps et des Automnes de Lü »), dans lesquelles Lü Buwei mentionnait des ding de la dynastie Zhou « décorés de tao tie possédant une tête mais pas de corps ». Le terme fut repris par les lettrés de la dynastie Song. C’est un motif très ancien, que l’on trouvait déjà incisé ou gravé sur des poteries de la culture Langzhu.

N

Narcisse

Le narcisse est associé au nouvel an lunaire. Cette fleur que l’on fait éclore à cette occasion est censée apporter le bonheur pour les douze mois à venir. Elle est très appréciée à partir du xviiie siècle.

Nongyu

Fille du duc Mu, férue de flûte, héroïne avec son époux Xiao Shi de l’histoire Chuixiao yinfeng (voir « Attirer les phénix »).

Nuages, nuées

Les nuages symbolisent la bonne fortune ; de bon augure, ils sont aussi le véhicule des Immortels et l’élément des dragons associés à la pluie. Leur représentation stylisée constitue le fond de nombreux décors (voir notamment « grues parmi les nuées »). Les nuages en forme de ruyi furent utilisés pour composer de vastes motifs dits « col de nuages », éléments décoratifs partculièrement en vogue sous les dynasties Yuan et Ming.

O

Oiseau et magnolia

Les oiseaux associés au magnolia, symbole du mois de mai, constituent la bénédiction « puisse le rayonnement du printemps durer éternellement ». Cette formule très répandue est utilisée pour souhaiter une longue vie.

Orchidée

Symbole la fidélité du lettré à l’empereur, en raison de la persistance de son feuillage et de la pureté de ses fleurs.

P

Pan Yue

Bel homme pendant la période des « Six Dynasties » (234-581).

Paon

Du fait de son somptueux plumage, le paon est l’un des symboles de la beauté et de la dignité. Ses plumes étaient utilisées comme décoration honorifique décernée aux méritants (voir « Plume de paon »).

Papillon

Symbole de joie, apparaissant l’été et volant souvent par couple, le papillon est l’un des emblèmes de la fidélité conjugale. Aspirant le suc des fleurs souvent associées aux femmes, il représente également le jeune homme amoureux : il intervient à ce titre dans le décor dit « femmes et papillons » (voir « Femmes et papillons »).

Pavillon sur la mer (hai wu tian chou)

Ce motif constituant un vœu de longévité fréquemment employé à l’occasion d’anniversaires représente un palais construit sur la mer, vers lequel vole une grue portant un jalon de bambou dans son bec. Il existe deux explications possibles. Selon la première légende, mentionnée dans le Dong Po Zhi Lin (« Anecdotes collectées par Su Dongpo »), lors d’une réunion entre trois amis, l’un d’eux expliqua qu’il déposait un jalon de bambou dans une pièce chaque fois que la marée changeait et maintenant qu’il avait rempli dix pièces, il était vraiment vieux. Selon la seconde légende, il y a sur la mer un palais dans lequel est consignée l’espérance de vie de chaque personne, sous la forme de jalons de bambous piqués dans des bouteilles. Si une grue vient à ajouter un jalon dans l’une des bouteilles, alors la personne vivra cent ans de plus. (Ref Livre rouge, p. 243).

Paysage

Les paysages renvoient à la peinture, un art majeur en Chine. Les céramiques qui arborent un tel décor étaient appréciées dans le monde des lettrés.

Pêche

La pêche est symbole de bonheur et d’immortalité par association avec les fruits du pêcher fabuleux qui pousse dans le palais de Xi Wangmu, la Reine de l’Occident. Elles sont à ce titre l’un des attributs récurrent du dieu de la longévité Shoulao, des Huit Immortels taoïstes ainsi que de Xi Wangmu. Elles constituent l’un des ingrédients majeurs de l’élixir d’immortalité. La plupart des décors de pêches sont destinés aux anniversaires. Associées au citron digité et à la grenade, les pêches forment le décor dit des « trois abondances » (voir « Trois abondances »).

Pêcher

(Taoïsme) - Le pêcher fabuleux pousse dans le jardin du palais de Xi Wangmu, la Reine de l’Occident et se charge, tous les 3000 ans de pêches d’immortalité. Il s’apparente ainsi à l’arbre de vie présent dans de nombreuses traditions. Sa représentation s’associe à tous les thèmes évocateurs d’immortalité ou de longévité.

Pêcher (fleur de)

Ce motif est associé au thème de la longévité et de l’immortalité par allusion à la symbolique du pêcher fabuleux de Xi Wangmu (voir « Pêcher »).

« Pérégrinations vers l’Ouest » (Xiyou ji)

Célèbre roman attribué à Wu Cheng’ en (vers 1500-1582) sous la dynastie Ming. L’histoire raconte le pélerinage de Xuangzang (600-664), moine bouddhiste et grand savant de la dynastie Tang, qui emprunta la route de la soie en Asie centrale vers l’Inde en quête de nouveaux sutra boudhhiques. Tout au long de son difficile chemin, le pélerin vit des aventures fantastiques et initiatiques. Dans le roman, il est accompagné de trois disciples, personnages hauts en couleur dont le singe Sun Wukong au pouvoir fabuleux et le cochon Zhu Bajie.

Perle

La perle est souvent présente dans les décors impériaux. Pour les anciens, elle est l’essence concrète de la Lune et possède des vertus protectrices contre le feu. Utilisée en tant qu’emblème de bon augure, parmi les « Huit objets précieux » notamment, elle protège des influences néfastes. Symbolisant le talent, elle orne les porcelaines destinées aux lettrés ayant réussi les concours de l’administration.
Le dragon est souvent associé à la perle enflammée représentant le tonnerre et l’évolution. Cette représentation provient sans doute de l’image populaire bouddhiste d’un joyau d’où émanent des rayons, capable d’exaucer les souhaits. Sous la dynastie Ming, ce motif possédait une vertu magique directement associée à l’empereur. (Voir « Huit objets précieux », « Dragon poursuivant la perle enflammée »).

Perroquet, perruche

Motif occidental employé essentiellement sur des céramiques destinées à l’exportation.

Phénix

Le phénix est l’un des quatre animaux célestes, surnaturels ou bénéfiques de la Chine ancienne, avec le dragon, le qilin et la tortue. Symbole d’immortalité, il s’apparente à l’oiseau légendaire Feng-huang, associant un élément mâle (feng) et un élément femelle (huang) et réunissant donc les deux principes originels du yin et du yang. Assez différent des représentations occidentales, il possède une tête de coq, un cou de canard mandarin, un dos de paon, une queue de faisan et des pattes de grue. Il est associé au Sud, au feu, à l’été et au rouge dans les cinq éléments chinois. Son chant est censé être le plus merveilleux du monde. Animal bienfaisant comme le qilin, il
Emblème de l’impératrice tandis que le dragon est emblème de l’empereur, on les retrouve parfois associé dans le décor de « dragon et phénix ». Il est aussi associé à Xi Wangmu dans l’iconographie taoïste. Dans les traditions populaires, représenté en couple, il symbolise la communauté conjugale et, par extension, une descendance nombreuse. On le retrouve également dans plusieurs décors à thème spécifique : le décor Chui xiao yin feng (« faire venir [ou] attirer les phénix au son de la flûte »), le décor bai niao chao feng (« Cent oiseaux autour du phénix »), le décor des « cinq relations ordonnées » dit aussi « cinq paires d’oiseaux », ou encore le décor dan feng chao yang (« phénix chantant le soleil »).

Phénix chantant le soleil (dan feng chao yang)

Décor auspicieux dans lequel un phénix, se tenant auprès d’un parasol chinois (firmiana simplex) salue de son chant le soleil matinal.

Pie

Oiseau qui apporte de bonnes nouvelles, la pie est symbole de joie. Sur une branche de grenadier, elle exprime le bonheur d’avoir une descendance nombreuse. Deux pies représentent la fidélité conjugale et double bonheur « shuang xi ». De multiples pies parmi des branches de prunier chargées de deux fruits forment les décors dit du « bonheur de chaque jour » (30 pies) ou « de chaque heure » (24 pies), porteur du message similaire « puissent des choses heureuses vous arriver chaque jour du mois ou chaque heure de la journée ». Dans la légende du Bouvier et de la Tisserande, chaque 7ejour du 7e mois lunaire, les pies s’envolent vers le ciel pour former un pont sur la Voie lactée.

Pin

Un des trois amis de l’hiver. Toujours vert, le pin représente la longévité, souvent associé avec la grue ou le daim. C’est un arbre de prédilection pour orner les tombes. Les peintres, lettrés et poètes apprécièrent particulièrement le pin, symbole de chasteté et de résistance, et voyaient en lui une image de la paix. Les taoïstes apprécient sa vigueur débordante et pensent que ses pignons sont la nourriture des immortels.

Pinceau

Un des quatres trésors du studio du lettré, il servit à la peinture et à l’écriture en Chine. Son invention est attribuée à Meng Tian, général de Qin Shihuangdi (IIIe s. av. notre ère), mais son utilisation remonterait sans doute à la haute Antiquité.

Pivoine

Considérée comme la reine des fleurs, la pivoine évoque noblesse, opulence, honneur et incarne l’amour. Elle apparaît souvent sur les céramiques offertes en cadeau de mariage pour souhaiter prospérité au couple. Représentées par trois, elles sont également le symbole du printemps, que la pivoine évoque dans le décor des « fleurs des quatre saisons ». Elle est associée au faisan dans le décor « fleurs et oiseaux des quatre saisons ». Hybridée avec le lotus, elle forme le décor stylisée dit « fleur précieuse » ou « fleur de la précieuse ressemblance ».
La pivoine est un stmbole de prospérité et de bonheur depuis la dynastie Tang (618-906). Sous la dynastie Song (960-1279), elle a été appelée « fleur de richesse et de prestige » et était employée sur de nombreux objets ; sous les Ming apparaissent les rinceaux et branches de pivoines et l’on trouve des traitements de plus en plus réalistes sous les Qing, sur les céramiques desquels elle est parfois désignée « couleur éthérée et fragrance céleste » (guo se tian xiang).

Plume de paon

La plume du paon symbolise le rang du mandarin. Utilisée comme décoration honorifique décernée aux méritants, la plume de paon est parfois représentée associée à du mobilier de lettré pour signaler ce mérite. On la retrouve également associée aux représentations de femmes, dont elle souligne alors la beauté.

Plume de phénix

La plume du phénix est l’un des emblèmes de Xi Wangmu, la Reine de l’Occident (voir « Xi Wangmu »).

Poisson

Le poisson est symbole d’abondance par homophonie de son nom, , avec « opulence, excès, manne » (yu). Egalement par homophonie, le poisson est associé au jade () et le poisson rouge était souvent employé sous les Qing pour évoquer ce thème, formant le message jin yu man tang (« puisse ta maison être emplie de jade et d’or »). Deux poissons accolés sont symboles de bonne fortune et de félicité. Le décor des « quatre poissons » rassemblent quatre poissons d’eau vive ; enfin, cinq poissons constituent le décor des « cinq désirs » (wu yu).

Poisson rouge

Par homophonie de son nom, jin yü avec le terme « or » et « jade », le poisson rouge était souvent employé sous les Qing pour évoquer ce thème, formant le message jin yu man tang (« puisse ta maison être emplie de jade et d’or »). Représentés par deux, les poissons rouges forment un emblème auspicieux de félicité conjugale.

Postérité sans fin (zi sun wan dai)

Ce décor à rébus est composé de courges (gourdes) disposées parmi des rameaux de vigne feuillus ; il illustre la légende selon laquelle, si l’on plante toutes les graines d’une gourde, elle ne donnera pas moins qu’une centaine de nouveaux fruits. La gourde symbolise ici, comme la grenade, une abondante descendance mâle ; l’expression chinoise pour désigner la vigne permet un jeu de mot sur l’expression « des milliers de génération ». La combinaison de ces deux motifs donne donc « avoir de nombreux fils pour des générations sans fin », soit une postérité sans fin, comme l’indique le nom chinois de ce décor (zi sun wan dai).

Poules et poussins

Usuellement employés dans un contexte de mariage, le coq, la poule et les poussins sont une allégorie de la famille nombreuse. Ce décor est souvent associé aux pivoines, symbolisant la richesse.

« Promotions successives » (ping sheng san ji)

Décor à rébus associant trois hallebardes (san ji) et un orgue à bouche (sheng) posés dans un vase ping, pour former ping sheng san ji, vœu de promotions successives.

Prunus en fleur

Arbre fleurissant avant la fonte des neiges, il annonce l’arrivée du printemps. Ses fleurs blanches sur une branche sans feuille symbolisent la renaissance et la longévité. Il représente le mois de janvier dans les « fleurs des douze mois », à l’hiver dans les « fleurs des quatre saisons » et il est associé à la pie dans de nombreux décors, comme les « fleurs et oiseaux des quatre saisons », le « bonheur de chaque jour » et le « bonheur de chaque heure ».

« Puissiez-vous être promu » (ma shang feng hou)

Ce décor à rébus représente une abeille voletant autour d’un singe juché sur un cheval. Il compose un vœu de promotion instantanée pour les fonctionnaires, par combinaison d’homophonies : l’abeille, feng, homophone de « conférer une dignité, anoblir » et le singe, hou, homophone de « marquis », se combinent pour former feng hou, jeu de mot sur l’expression « conférer le titre de marquis » ; « à cheval » (ma shang) est quant à lui homophone de « immédiatement ». Assemblés, ces éléments signifient donc « puissiez-vous immédiatement devenir marquis », c’est-à-dire monter rapidement dans l’échelle sociale.
Ce décor apparut sur certains plats ornementaux produits à Longquan sous la dynastie Yuan (1279-1368) et demeura populaire sous les dynasties Ming et Qing.

Q

Qilin

Ce cervidé mythique est l’un des quatre animaux célestes, surnaturels ou bénéfiques de la Chine ancienne, avec le dragon, le phénix et la tortue. Il représente un équivalent de la licorne pour les Chinois, mais il possède une tête de dragon, des pattes fines terminées par des pieds fourchus et une queue touffue ; son corps couvert d’écailles est entouré de flammes. Il représente la félicité parfaite, la douceur, la paix et la prospérité. C’est un animal bienveillant et l’un des « quatre animaux surnaturels ». On le retourve associé au centre et à la terre dans les cinq éléments chinois.
Le qilin est censé vivre mille ans et apparaître lors de la naissance des empereurs. Lorsqu’il est chevauché par un enfant, il est associé au thème de la descendance et véhicule le vœu d’avoir un garçon.

Quatre arts (femmes)

Ce motif représentent des femmes, généralement dans un intérieur ou sur une terrasse, s’adonnant à quatre arts de l’univers des lettrés et présentant ainsi une image de femmes cultivées : elles contemplent de rouleaux de peinture (hua), jouent de la cithare qin ou aux échecs (qi) ou parcourent un livre (shu). Elles symbolisent les quatre arts des lettré, la peinture, la musique, les échecs et la littérature, ainsi que leur réunion.

Quatre arts (objets)

Quatre emblèmes évoquant quatre arts majeurs en Chine : la cithare qin (la musique), l’échiquier qi (les échecs), le livre shu (la littérature et la poésie) et les rouleaux de peinture hua (la peinture).

Quatre beautés (si mei)

Quatre beautés antiques incomparables : Xi Shi du royaume de Yue, Wang Zhaojun de la dynastie Han de l’Ouest (-216 av. J.-C.-8), Diao Chan de la dynastie des Han de l’Est et Yang Guifei (719-756), concubine de l’empereur Minghuang des Tang.

Quatre gentilhommes (si junzi)

Un des thèmes favoris des lettrés qui identifie les vertus confucéenes telles l’intégrité, la fidélité et la persévérance, comprenant le prunus, le bambou, le chrysanthème et l’orchidée.

Quatre poissons (qing bai li gui)

Ce décor à rébus associe quatre poissons d’eau vive : le maquereau (qing), le corégone ou un poisson de la famille des corégonidés (bai), la carpe (li) et le poisson mandarin (gui), parfois représentés parmi des plantes aquatiques. La combinaison de leurs noms constituent par homophonie un jeu de mot signifiant « être propre et non corrompu ».

Quatre prédilections (siai tu)

Ce thème décoratif évoque les prédilections de quatre célèbres lettrés : celle de Wang Xizhi (env. 321-379), célèbre calligraphe des Jin de l’Est, pour les oies ; celle de Tao Yuanming (env. 365-427), poète des Jin de l’Est, pour les chrysanthèmes ; celle de Li Bo (701-762), poète de l’époque Tang, pour l’alcool ; enfin celle de Zhou Dunyi (1017-1073), philosophe des Song du Nord, pour les fleurs de lotus (cf. La Splendeur du feu, op. cit. p. 50).

R

Raisins

Motif d’inspiration étrangère introduit sous les Ming, notamment sur les céramiques à décor Bleu et blanc.

Rocher

Le rocher, emblème de longévité (shoushi), de solidité et de permanence, est souvent représenté émergeant des flots, symbolisant la mutation ; l’ensemble évoque alors le couple yin yang régissant les forces de l’univers. Ainsi peut-on le retrouver dans le motif hai shui jiang ya (« eau de mer et rocher de rivière »), ou dans le motif ying xiong du li (« héros sans égal »), dans lequel un aigle solitaire perché sur un rocher représente le héros sans rival, image du combattant solitaire. Sous la forme du « rocher percé », enfin, il forme un point de méditation (voir « Rocher percé »).

Rocher percé

Le rocher percé était utilisé comme point de méditation dans l’art paysager chinois, évoquant la circulation sans fin des forces de l’univers associée à la profonde symbolique du rocher, emblème de longévité, de solidité et de permanence. Ce motif de bon augure, particulièrement apprécié des lettrés, devint un emblème de la distance prise avec les affaires politiques et matérielles ; il intervient de ce fait dans le thème décoratif des « Trois amis » (voir Trois amis).

Roue

La roue représente la loi bouddhique et constitue un symbole du Buddha, les rayons illustrant la lumière qui émane du saint personnage. Elle est l’un des « Huit emblèmes bouddhiques ».

Ruyi (frise de)

Ruyi signifie littéralement « selon le désir » soit « comme vous le désirez ». Largement utilisée dans l’ornementation, la frise de ruyi véhicule le symbole de bénédiction, de longue vie et de bonne fortune.

S

Sapèque

La sapèque est un symbole de prospérité très populaire en Chine. Elle est souvent arborée comme une amulette. Percée d’un carré, elle représente la rectitude interne et l’harmonie avec l’extérieur. C’est aussi l’un des « Huit objets précieux » et l’un des attributs de Liu Hai dans l’iconographie taoïste. (Voir « Huit objets précieux », « Liu Hai »).

Saule

Dans le bouddhisme, le saule est un fort symbole d’humilité. Dans le Taoïsme, il est dit qu’un breuvage de feuilles de saule confère la longévité.

Sceptre ruyi

Ruyi signifie littéralement « selon le désir », ou « comme vous le désirez » ; de ce fait, le sceptre ruyi est symbole de bénédiction, de longue vie et de bonne fortune. D’après Cao Ganyuan, il est peut-être lié à la baguette à exaucer les vœux présente dans la plupart des traditions (cf. La splendeur du feu, op. cit note 59 p. 56).

Sept sages de la forêt de bambou

(Taoïsme) - Ce goupe d’amis composés de poètes, musiciens et fonctionnaires-lettrés, actifs au iiie siècle, vécut durant la période des Trois Royaumes dans le Centre Sud de la Chine, près de Jiankang (actuel Nanjing), comme l’atteste le San Guo Zhi - Wei Zhi. Partageant un réel anticonformisme, se délectant de leur compagnie mutuelle, Xi Kang (223-262) et Ruan Ji (210-263) (connus pour leur maîtrise de la cithare qin et ruan) s’étaient liés à Shan Tao (205-283), Wang Rong (234-305), Ruan Xian (234-305), Xiang Xiu et Liu Ling. Ils se réunissaient souvent dans une forêt de bambous, s’adonnant à la musique, la poésie et l’ivresse. Lassés des restrictions du confucianisme, ils suivirent les doctrines des ouvrages Daode jing et Zhuangzi et recherchèrent la liberté spirituelle tout en prônant un retour à la nature, représentant en cela une sorte d’évasion taoïste.
Admirés par les érudits des générations suivantes pour leur distance face à la vie officielle, ils furent représentés à partir des Yuan, puis sous les Ming et les Qing.

Shennong

Le « Divin laboureur » fut le second des « Trois Augustes » (Sanhuang), empereurs de la période légendaires et fondateurs mythiques de la Chine. Il succèda à Fuxi, son « règne » correspondant au Néolithique moyen. Il fonda l’agriculture - d’où son nom de « Divin laboureur » et les bases de la pharmacopée en transmettant aux hommes sa connaissances des plantes médicinales. On lui attribue également l’invention d’un système de cordes nouées afin de noter les événements et tenir les comptes.

Singe

Le singe, hou, est homophone d’un titre de haut-rang (équivalent de « marquis ») en chinois. Par sous-entendu, il représente donc pour les fonctionnaires le vœu de progresser dans leur carrière ou d’être annobli. C’est aussi le neuvième signe du zodiaque chinois. Il représente l’adresse, la spontanéité, l’agilité, la ruse. Un singe juché sur un cheval, une abeille voletant auprès de lui, compose le décor signifiant par rébus « puissiez-vous immédiatement devenir marquis » (ma shang feng hou) (voir « Puissiez-vous être promu »). Le roi des singes est un des compagnons du moine Xuanzang dans le roman « Pérégrinations vers l’Ouest » qui raconte leur voyage à la recherche des sutras bouddhiques sous les Tang.

Soleil

Le soleil correspond au yang, à l’essence masculine et positive de la nature et il est l’emblème de la vertu impériale. Il est opposé à la Lune, représentant l’essence féminine. Il est honoré par le phénix dans le décor « phénix chantant le soleil » (dan feng chao yang).

Svastika

Emblème bouddhique, le svastika ou swastika (en sanskrit « de bon augure »), est un symbole sacré de l’Inde et un symbole universel de bon augure. Une myriade de svastikas symbolise l’abondance.
Originellement incantatoire, le symbole fut d’abord transcrit sous la forme des flot et nuage auspicieux, l’une des 32 manifestations de Sakyamuni. En 693, l’impératrice Wu Zetian décréta que ce symbole serait prononcé « wan », le liant phonétiquement et graphiquement au caractère wan signifiant « dix mille », chiffre de la totalité des êtres manifestés.

T

Tambour

Le tambour est l’attribut de l’immortel Zhang Guolao. Cet instrument appartient autant au domaine taoïste que bouddhique.

Tigre

Du fait de sa force, le tigre est l’emblème du principe mâle de la nature. Il est associé à l’Ouest, au métal, à l’automne et au blanc dans les cinq éléments chinois. C’est également le troisième signe du zodiaque chinois.

Tortue

La tortue est l’un des quatre animaux célestes, surnaturels ou bénéfiques de la Chine ancienne, avec le dragon, le qilin et le phénix. Elle est corrélée au yin et elle est associée au Nord, à l’hiver, à l’eau et au noir dans les cinq éléments chinois. Du fait de sa durée de vie exceptionnelle, elle représente l’une des allégories de longévité. Elle peut avoir un rôle de stabilisatrice de l’univers, qu’elle évoque parfois : sa carapace formant le dôme de la voûte céleste, son ventre la terre bougeant sur les eaux et sa longévité semblant infinie.

tresors-du-studio-de-lettre

Ensemble d’objets auspicieux ou symboliques au nombre de quatre ou de huit. Les quatre grands trésors évoquent les quatre grands arts : les livres (la poésie), le pinceau ou la pierre à encre (la calligraphie), le qin (la musique) et les rouleaux de peinture (la peinture). Les « quatre trésors du studio de lettré » regroupent quatre objets indispensables en peinture et en calligraphie : le papier, le pinceau, l’encre et la pierre à encre. Les autres trésors peuvent être sélectionnés dans une liste qui s’est enrichie au fil du temps, comportant le brûle-parfum, la pierre sonore, le chasse-mouche, le qin

Trésors variés (za bao)

Les éléments composant les trésors variés apparaissent fréquemment à partir des Yuan comme des motifs complémentaires ; il sont sélectionnés parmi une suite d’objets comme les cornes de rhinocéros, le lingot d’argent, la perle enflammée, la branche de corail, la sapèque… Une sélection aléatoire de huit objets parmi ces trésors variés constitue le motif des « huit trésors » (ba bao).
Les éléments composant les trésors variés apparaissent fréquemment à partir des Yuan (1279-1368). Sous les Ming, de nombreux objets sont ajoutés à cette catégorie, comme le nuage auspicieux, le lingzhi, les rouleaux, les brûle-parfum ding, les lingot yuan bao, le qing etc..

Trinité San Xing ou Trois étoiles du bonheur (san xing)

Trois divinités taoïstes importantes : Shou Xing ou Shou Lao (longévité, la plus importante et la plus célèbre), Fu Xing (bonheur) et Lu Xing (haut-rang) (voir ci-dessous « Shou Xing », « Fu Xing », « Lu Xing »).

Trinité San Xing - Fu Xing

Appartenant à la trinité taoïste San Xing, l’étoile du bonheur Fu Xing porte souvent un enfant dans ses bras et il est généralement représenté accompagné d’une chauve-souris (fu), homophone de « bonheur ». Parfois, seule la chauve-souris apparaît aux côtés de Shou Xing (Shou Lao).

Trinité San Xing - Lu Xing

Appartenant à la trinité taoïste San Xing, l’étoile des émoluments Lu Xing représente « un haut rang », de « hauts revenus officiels » ; il est représenté tenant parfois un sceptre ruyi et généralement accompagné d’un daim (lu), homophone d’ « émoluments » et associé aux fonctionnaires. Parfois, seul le daim apparaît aux côtés de Shou Xing (Shou Lao).

Trinité San Xing - Shou Xing (Shoulao)

Appartenant à la trinité taoïste San Xing, l’étoile de la longévité Shou Xing (Shoulao) peut être représenté seul. Il est souvent représenté associé à de nombreux symboles liés à la longévité ou l’immortalité : le pin ou le pêcher, les pêches d’immortalité, la grue.

Trois abondances (san duo)

Ce décor auspicieux constitue un vœu de « bonne fortune, longévité et fils nombreux » en associant la symbolique de trois fruits : le citron digité ou « Main du Buddha » (emblème de bonne fortune), la pêche (symbole d’immortalité) et la grenade (symbole d’une abondante descendance mâle) (voir « Citron digité », « Pêche », « Grenade »).
Le thème des « Trois abondances » apparaît avec les Famille rose sous la dynastie Qing.

Trois amis

Ce thème décoratif est composé de trois éléments évoquant le détachement que doit cultiver le lettré vis-à-vis des affaires politiques et de la poursuite des biens matériels : le rocher percé (méditation et détachement), le bambou (rectitude du lettré), associés soit au bananier plantain soit à l’orchidée et au narcisse.

Trois amis de l’hiver (sui han san you)

Les trois amis de l’hiver, composés du pin, du prunus et du bambou, symbolisent les qualités du fonctionnaire lettré. Le pin et le bambou évoquent la constance car ils ne perdent jamais leurs feuilles. Le pin évoque l’endurance, car ses branches soutiennent la neige, ainsi qu’une longue vie passée en paix. Le bambou se rapporte au gentleman : flexible, il se courbe dans l’adversité sans se briser. Quant au prunus, qui fleurit même dans le froid, la neige et annonce le printemps, il est le signe de persévérance et de renouveau (voir « pin », « bambou », « prunus »).
Ce thème décoratif fut d’abord employé sur les bleu et blanc de la période Yuan (1279-1368) et fut ensuite repris sous les Ming, particulièrement durant la période Xuande (1403-1424) ainsi que sous les Qing, au xviie siècle notamment.

Trois béliers (san yang)

Ce décor à rébus constitue un motif auspicieux pour le Nouvel an. Il représente trois béliers associés à divers éléments, dont parfois les « trois amis de l’hiver » (pin, prunus et bambou). Ce décor peut aussi être appelé san yang kai tai (« trois béliers porteur d’un futur brillant »). Le bélier (yang) étant homophone du principe yang, les trois béliers (san yang) sont donc homophones de « trois forces yang.
Il existe deux théories expliquant ce décor. La première associe les « trois béliers » à la symbolique calendaire, en s’appuyant sur le Yi jing (« Le livre des changements ») : en effet à partir du dixième mois, représenté par l’hexagramme kun (purement yin), un trait yang s’ajoute chaque mois pour former, le premier mois de l’année suivante, l’hexagramme tai (trois yang puis trois yin). Ceci symbolise le message suivant : « avec la diminution des forces yin et le passage de l’hiver, un nouveau printemps arrive pour éveiller toutes les créatures ». L’autre explication pour ce décor associe chacun des trois « yang » aux positions supérieure du souverain, du père et du mari en Chine.
Ce thème décoratif apparut sous les Ming et fut repris sous les Qing.

Tulipe

Motif occidental employé essentiellement sur des céramiques destinées à l’exportation.

V

Vaste gamme d’objets anciens (bogu)

Cet ensemble regroupe les « huit objets précieux » (la sapèque, le joyau, le losange, les livres, la pierre sonore, la peinture, les cornes de rhinocéros et la feuille de génépi), auxquels viennent s’ajouter les objets anciens : les jades et les vases de forme archaïques, comme les jue, les ding, les gu, les gui, les disques bi, les cong

W

Wang Xizhi

Lettré fonctionnaire (env. 321-379) ayant vécu sous les Jin de l’Est ; c’est l’un des plus grands calligraphes chinois dont les rares œuvres - la plus connue étant Lanting xu (« Préface au pavillon des orchidées ») - ont servi de modèles à toutes les générations suivantes. Il est connu pour son amour des oies et a été représenté à ce titre dans le décor dit des « quatre délectations » (voir « Quatre délectations »).

Wen chang di jun

ou Wen Chang, importante divinité taoïste de la littérature. Les lettrés chinois lui vouent un culte particulier car il leur prête assistance dans leur travaux et exauce leurs vœux de réussite au concours de fonctionnaire, leur permettant ainsi d’entrer dans les hauts rangs de la société chinoise. Il est l’un des dieux étoiles situés dans la Grande Ourse ; il est dit que lorsque ces étoiles sont brillantes, la littérature fleurit sur la terre. Souvent représenté en habit de fonctionaire civil, ses compagnons sont Kui Xing (divinité des grades et certificats officiels), Zhu Yi (divinité des candidats mal préparés aux examens), et ses serviteurs, selon certaines sources, étaient l’écuyer Tian Long (le sourd céleste) et la servante Di Mu (la muette terrestre) (cf. sur ce point Goidsenhoven, 1936, pp. 39-40).

X

Xi Shi

Beauté antique du royaume de Yue qui au Ve siècle avant notre ère séduit le roi de Wu et causa la perte de son royaume. Selon la légende, Xi Shi partit avec Fan Li en bateau sur le lac Taihu après la chute du royaume de Wu.

Xi Wangmu

(Taoïsme) - Xi Wangmu est la Reine de l’Occident. Elle vit au sommet des montagnes Kunlun (Hindu Kush), dans un palais autour duquel poussent les pêches d’immortalité. Elle est souvent représentée comme une belle femme accompagnée de deux servantes, l’une tenant un large éventail, l’autre une coupe avec des pêches. Ses principales servantes sont cinq fées dont les couleurs correspondent à celles des points cardinaux le blanc pour l’Ouest, le noir pour le Nord, le vert pour l’Est, le rouge pour le Sud et le jaune pour le centre. Elle est associée à Dong Wang Gong, le Roi de l’Orient.

Y

Yang Guifei

Concubine (719-756) de l’empereur Minghuang des Tang et l’une des « quatre beautés » incomparables.

Z

Zhang Qian

Zhang Qian est un voyageur qui se rendit en Asie centrale entre 139 et 126 avant notre ère, envoyé par l’empereur Wu des Han. Il est devenu un personnage mythique souvent représenté sur un radeau de bois sommaire avec lequel il descendit la Voie lactée. Elevé au rang d’Immortel dans la tradition taoïste, il apparaît souvent accompagné d’une grue et vêtu d’une robe s’ouvrant sur un ventre corpulent.

Zhen wu

Divinité taoïste par excellence, Zhenwu (littéralement « Guerrier parfait ») tire son origine de Xuanwu (le « guerrier sombre »), l’un des quatre animaux célestes révéré sous la dynastie des Han et régnant sur le Nord, représenté sous la forme d’une tortue enlacée par un serpent. Transformé en divinité anthropomorphe à partir des Song du Nord, il reçoit le titre d’Empereur suprême du ciel noir. Particulièrement vénéré sous les Ming, il est souvent représenté assis en posture majestueuse, vêtu d’une ample robe recouvrant parfois une armure, la chevelure longue et les pied nus ; ses attributs restent la tortue et le serpent et, rarement, il peut être muni d’un troisième oeil au front. Réputé pour avoir le pouvoir de guérison et d’exorcisme, il est même devenu le protecteur de l’empereur et de l’état Ming.

Zhong Kui

Zhong Kui est un personnage mythique. A l’origine, il s’agit d’un militaire de la dynastie des Tang (618-907). Représenté en chef des diables, il chasse les mauvais esprits.